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3
sur 5

(Astralwerks/Hut)

Avec sa pochette type « un musée d’art contemporain m’a fait une commande » et son contenu assez proche du dernier Aphex Twin (drum and bass torturée et naturelle, mais toujours inspirée), le dernier µ-ziq est une réussite (disque de la maturité, comme disent les chroniqueurs sourds). Mais lequel de ses disques ne l’est pas ? Bourré de mélodies (comme chez Orbital) et d’ambiances tourmentées (la « patte » Mike Paradinas), il pourrait sonner comme la B.O. d’un film de fantômes chinois. Loin du heavy funk de Jake Slazenger ou des apéritifs de Gary Moscheles (autres pseudos de Mike, qui vient d’avoir un bébé), µ-ziq évolue vers une complexité troublante, belle et drôle. En effet, que ce soit chez lui ou chez Richard James, l’humour n’est jamais loin de la mélancolie, et c’est toujours avec un sourire en coin qu’ils poussent plus loin leurs expériences (voir le génial Mike and Rich sur Rephlex, label d’Aphex Twin). Le disque est à tiroirs, aussi, ou en escalier si on préfère : quelque chose comme l’attraction du siècle, qui combinerait à la fois le plaisir des auto-tamponneuses, des montagnes russes et du tunnel de l’horreur. Mike paradinas, 1997, période rouge, musique électronique pas toujours facile mais toujours passionnante.

Nicolas Schoener