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4
sur 5

On avait déjà remarqué le groupe MHZ sur la compilation Always bigger and better Vol.1 éditée par ABB Records. Ils y plaquaient le terrible This year, qui a fait son petit bout de chemin depuis, notamment dans les soirées déjantées de Kowatabo et les mixtapes des pointures Stretch Armstrong, Bobbito, ou encore Dj Rampage. Fort de plusieurs maxis réussis (World premier et Rocket science), MHZ affiche également à son tableau de chasse quelques collaborations avec le petit nerveux des Smut Peddlers (Mc Cage) et les Cannibal Ox. Il fallait donc s’y attendre, Table scraps est une sorte de disque hybride, qui regroupe pas mal de titres déjà parus et une poignée d’inédits. Mais on prend tout de même son pied à l’écoute de cette bonne vieille galette, qui nous permet de (re)découvrir les bombesques This year et World premier, tout en savourant le jus hip-hop d’un crew original (composé de Copywrite 78°, Camu Tao, Tage Proto, Jakki et RJD2).

Outre le côté expérimental de certains passages (The Funnel, Abosotively posolutely…), il est intéressant de souligner la façon très atypique dont ce crew percute les instrus. Le flow terrible des Mc’s baigne curieusement dans une stratosphère obscurcie à souhait. Il y a en effet un côté nébuleux assez troublant sur Table scraps, que l’on ressent d’ailleurs dès l’ouverture de l’album avec Rocket science. On trouve ici quelques cuts bien placés, qui ondulent autour d’une ligne de basse sombre au mesmérisme subliminal. Au-delà des flows ombreux du collectif, on se laisse doucettement ballotter par quelques notes de piano samplées, qui raisonnent insidieusement tout au long du morceau, tandis qu’un riff de guitare agressif vient changer la donne. Au final, une petite bombe, qui laisse place à un autre projectile de choix… Oui, le riff de guitare de Kryptonite donne une belle impulsion à la rythmique nerveuse, et l’on plonge béatement ses tympans dans la sauce MHZ… Du bon boulot, du hip-hop de choc, balancé comme il faut.

Au bout du compte, cet opus névrotique a quelques accointances avec les instrus du terrible Plantation rhymes de Bigg Jus, bien que les crépitements ténébreux de leur cosmos confèrent au groupe une noirceur baroque assez dissemblable. Les connaisseurs reprocheront peut-être aux membres de MHZ de ne pas avoir su concocter un album tout frais (Copywrite a récemment déclaré qu’il aime beaucoup Table scraps, même s’il trouve qu’il « sonne un peu comme une vielle démo »). Mais en attendant l’album solo de Copywrite 78° (produit par Mighty Mi) et un « véritable » album du crew, on conseille fortement ce petit bijou hip-hop, qui sonne vraiment comme une excellente démo…