PARTAGER
4
sur 5

Le deuxième opus d’une des plus belles voix de la Haute Guinée. Fille de la noble lignée des Keïta, très tôt envoûtée par la musique sous influence griotique, malgré les réticences du père, Mama Keïta, Mariamagbé de son vrai prénom, nous vient de Kankan. Ses premiers pas dans la danse et le chant, elle les a faites dans les baptêmes et les cérémonies de mariage. Membre pendant plusieurs années de l’ensemble théâtral de sa ville natale, elle décide au début des années 80 de marier tradition et urbanité, en s’installant aux côtés de son compatriote Baba Djan à Abidjan. Cinq années lui suffiront pour affermir son talent. L’appel du large aidant… elle débarque à Londres en 88 pour plaquer sa voix mélodieuse sur l’album Subindoor de Djely Moussa Diawara et fait la connaissance du malien Ali Farka Touré, qui l’encourage à entamer une bonne carrière solo. Après un petit détour à nouveau par l’orchestre de Baba Djan (qui l’accompagne toujours), elle s’installe à Paris et signe enfin son premier album, sur le label Mi Cora Son (label dirigé par Otis Mbaye, l’homme qui a mené la carrière de Mory Kanté jusqu’à son grand succès international, Yéké Yéké).

Le succès ne se fait pas attendre. La profession s’empresse de lui prédire un bon avenir. Les tournées s’ensuivent. Et voici venu le dur moment de la confirmation, avec la sortie de ce nouvel album qui rend hommage aux ébats légendaires et passionnés qui embrasent Cuba et l’Afrique. Une dizaine de titres -tous en acoustique- qui promettent à boire et à manger aux noctambules qui ont le pied léger. La fluidité souriante des sonorités de guitares oblige nos pas à la danse: Tougnafo, Tesse lala, Yafama… Sans oublier le tube des prochaines grandes vacances: une reprise des « Maravillas Del Mali », un groupe d’étudiants maliens revenus de La Havane dans les années soixante (Boncana Maïga était de la partie). Le thème est sans équivoque : Rendez-vous ce soir chez Fatimata… A ne pas oublier également : quelques titres au ton gravissime dans le texte (Mbara limaneya, Denilou…) où le génie de la voix se confond de délicatesse avec celui du Mandé.