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3
sur 5

Dans son précédent album, le très bon Freek funk, Luke Slater avait amorcé son virage vers l’electro. Il est vrai qu’aujourd’hui, il n’est plus honteux d’adorer les vieilles recettes, comme par exemple le célèbre ragoût de TB 303 sauce ligne de basse accompagnée d’un méli-mélo de nappes de synthé fraîches et de petits légumes vocoder à la vapeur. Avec ce disque, Luke Slater semble avoir l’ambition de concurrencer les plus grandes toques du moment (DMX Krew, Les Rythmes digitales, Morgan Geist) et en plus, il se targue de pouvoir le faire sans les fils (Wireless) ! Y parvient-il ?
J’ai goûté pour vous ses treize dernières créations, qui, bien qu’oscillant entre soupe campagnarde et cuisine nouvelle, possèdent néanmoins une personnalité assez intéressante. J’ai été particulièrement séduit par les viandes : Sum TonTin est excellent et brutal (Luke a écouté son Cybotron mais aussi son Aphex et les brins de scratches et de sirènes parfument le tout de façon délicieuse) ; Let eat all Vanbrook, tellement proche de Kraftwerk que ça doit être un hommage (réussi) ; All exhale, enfin, qui rappelle Orbital et qui a le net avantage sur les autres morceaux de posséder un refrain.

Par contre, je n’ai pas été convaincu ni par les plats en sauce (le big beat mal réchauffé de Sheer five five ou Hard knock rock, beaucoup trop relevé de vocoder à mon goût, m’est resté sur l’estomac), ni par les entremets (trois petits morceaux très courts et inutiles), ni par les tentatives de cuisine plus « expérimentale » : You butterfly ou I thought I knew you ennuient un peu et manquent leur but. Luke Slater n’est pas Ritchie Hawtin. J’ai néanmoins retenu Bolt up pour sa saveur franche et son intro trance issue des débuts de Slater, et enfin la farandole de desserts glacés (Xeave your web), magnifique glacis ambient digne des meilleurs sorbets de Klaus Schulze. Trois étoiles pour un chef qui, s’il distillait un peu plus de passion dans ses œuvres, pourrait nous faire atteindre le nirvana !