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2
sur 5

Après une tournée américaine monstrueuse, Ludacris revient avec ce nouvel opus intitulé Word of mouf. Originaire d’Atlanta, Luda s’est d’abord fait connaître grâce à Incongnegro, un opus sorti sur un petit label indé, mais vendu tout de même à plus de 300 000 exemplaires. Remarqué très vite par l’écurie Def Jam, Ludacris sort en 2000 son premier véritable album : Back for the first time. Certifié double platine, cet ancien Dj de WHTA Hot 97 fait désormais partie de la cour des grands vendeurs. Il s’agit bien ici de hip-hop mainstream, qui lorgne malheureusement (pour les puristes) un peu trop vers le 2 step et le r’n’b. Ca donne donc des prods bien formatées comme Roll out, premier single fédérateur produit par le surestimé Timbaland. Bien sûr, Ludacris s’amuse avec son flow cocasse, et nous inonde de son rap rigolo. On retrouve donc les producteurs habitués des hits parades gluants, comme le jeune Swizz Beatz (un compère du monstre DMX) sur un Cry babies pas trop mal foutu. Il y a aussi le tube Area codes, un titre insipide issu de la bande originale de Rush hour 2, qui reprend la recette usée de Oh no de Mos Def et Monch feat. Nate Dogg. Le producteur Jazze Phae ne s’est pas trop foulé, puisqu’il reprend ici exactement le même format et invite Nate Dogg à balancer ses refrains mielleux, formatés pour la FM (Ado, Skyrock et autres grosses tares radiophoniques) et bien sûr pour MTV et ses consorts foireux.

Mais ce qui sauve Chris Bridges (de son vrai nom, c’est son humour et sa passion pour le bon funk, la marijuana, Richard Pryor et The Three stooges. On retrouve en effet ça et là quelques agrumes groove bien pondus, qui s’approchent du comique de certaines séries Blaxploitation (on pense souvent à Dolomite). L’écoute de Word of mouf met de très bonne humeur, et donne quelquefois dans un bounce hip-hop des plus réussis. En témoigne le très remuant Move bitch, où l’on retrouve les criards Mystikal et I-20, qui donnent envie de foutre quelques claques sur les derrières des donzelles les moins sages. Les possesseurs de l’édition CD savoureront sûrement le bonus track, un Block lockdown bien chaud, qui pose le flow laid-back de I-20 en guest tranquille.

Au bout du compte, il fait peut être un peu trop froid pour apprécier Word of mouf. On estimerait peut être un peu plus cet opus si le soleil pointait le bout de son nez. L’idéal finalement serait de savourer ce nouvel album entouré de bitches bien craquantes, et de déguster un bon barbecue en bougeant son cul au son des rythmiques. Mais on se gèle les couilles, et on en a marre du hip-hop FM, ras le bol des prods léchées de Timbaland. Putain ça caille : Luda, fait péter la brochette enfoiré !