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4
sur 5

Triste coup du sort, au lieu d’être contraint de se taper les Christmas albums habituels pendant le repas familial (Tino Rossi ?), nous aurions, nous aussi, pu passer le plus beau des Noël avec ce Christmas, nouvel album de Low, un groupe dont on vous a déjà dit le plus grand bien, notamment s’agissant des deux albums précédents : One more reason to forget et Owl, alors classé en electro puisqu’il s’agissait d’un hommage remixé au trio, originaire de Duluth, Minnesota. Une cité que connaissent bien les fans d’un certain Bob The Zimm Dylan. Christmas est le huitième album du groupe et, malheureusement, il est aussi difficile à trouver que les précédents. Tombé sous le charme de leur musique lente et prenante il y a six ans déjà (avec I could live in hope en 1994) et nous débattant avec les distributeurs français pour être, au moins, tenu au courant des sorties de leurs disques en France, on en est réduit à nous tourner vers leur site qui offre quelques clés pour se procurer les précieuses galettes. Quoiqu’on ait vu quelques exemplaires de Christmas chez le disquaire dont le logo figure sur cette page. Mais un peu tard : Noël était déjà passé…

Que dire de ce disque alors ? Une surprise d’abord : le tempo de la première chanson Just like Christmas est tellement soutenu qu’on a l’impression d’écouter un autre groupe, des Supremes Folk produites par un Spector qui aurait abattu le mur (c’est la fille du groupe qui chante). L’ordre revient avec la déjà classique Long way around the see, susurrée comme le groupe sait si bien le faire. C’est pas gai du tout mais d’une beauté ensorcelante. Mais comment font-ils donc pour arriver à jouer aussi lentement et nous emporter vers les rivages sonores de leur folk sépulcral ? La réponse n’est pas plus donnée avec les quelques reprises de classiques du genre chant de Noël. Little drummer boy, classique parmi les classiques (version de Sinatra, Joan Baez, etc. jusqu’à Nana Mouskouri), en prend pour son grade. Sur une trame d’orgue droit, le roulement de tambour est à peine perceptible ! Blue Christmas, chanté par cette voix féminine dont on ne peut que tomber amoureux, nous balade comme nu dans la neige à la recherche du fameux Christmas tree. Quant à la troisième cover, Silent night, elle est transcendée par des guitares acoustiques et un chant choral que ne pourront jamais égaler toutes les chorales du monde justement. Avec Low, l’équation est toujours aussi simple : trois reprises, quelques originaux, soit un chef-d’œuvre ! Encore faudrait-il qu’un distributeur digne de ce nom prenne en main la sortie de leurs disques en temps et en heure. Même si, avec Low, c’est tous les jours Noël.