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C’est un sale boulot que d’avoir à chroniquer De sang froid des Mains Sales. On ressort triste à l’écoute de cet album catastrophique ou chaque morceau donne l’occasion de dodeliner de la tête en rageant : non et non pas ça ! Il est trop facile de démolir un album comme ça. Mais pour se donner bonne conscience, on dira qu’on a aussi le droit de se défouler, chose qu’aurait dû faire les Mains Sales au lieu de tout de même réussir cet exploit de retrouver le son et les travers de l’archétype du groupe rock français des années 80 ! Insignifiance des textes (à la limite du risible, du mal à propos : L’autoroute, J’entends plus la mer, Fou du roi), un chant plein de tics qui fait passer Axel Bauer pour Sinatra, des compositions prétentieuses mais limitées qui donnent encore de l’emphase au désastre, une mise en musique surannée qui sonne comme une repèt’, et, cerise sur le gâteau, la sale reprise obligée du standard de la grande chanson de la nation (L’Aigle noir de Barbara) ! Même les Ablettes n’auraient pas osé…
Alors, chapeau bas pour cette « leçon d’histoire » car même s’il ne le cherche pas, De sang froid fleure bon son Téléphone, Trust ou son Lavilliers alors qu’il est clair qu’il visait plutôt Melvil. Les Mains Sales (ex-Dirty Hands !), se sont donc plantés en beauté, dans la mesure où ça vire au pathétique, au surfait, et au mal fait. Car certains groupes qui posent le font avec un peu plus d’envergure. Sinon, à quoi bon étaler avec cet air concerné (yeah…) son mal de vivre dans la société (re-yeah…) si c’est pour le faire sans classe ?