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sur 5

Derrière le pseudonyme de Lena se cache le brillant Matthias Delplanque, également connu pour avoir parachuté l’album d’electronica déviante Bilder, cette fois ci sous l’alias Bidlo. Un opus qui vient d’ailleurs d’être récemment réédité et qui mérite vraiment le détour, notamment pour les bijoux La Fiancée du pirate et Carmen.

Fraîchement débarqué sur l’écurie belge Quatermass (Mash’ta, Calla, Andrea Parker, Tone Rec, Tal, Bill Laswell…), le sieur Delplanque nous parachute ici une petite bombe à neutrons, concoctée à base de dub roots et de craquements electro hallucinés. Dès la première salve Lane, le dub fantôme de Lena s’immisce immédiatement dans les tympans de l’auditoire, à coups de rythmiques claquantes et bondissantes, qui chahutent avec une foultitude de samples aquatiques et impulsifs, dont les textures sont remarquablement travaillées. A fond sur les enceintes ou au casque, la musique de Delplanque s’insère subrepticement dans les organes auditifs, égrainant ses infra-basses emportées avec minutie. Sur Dying bug dub, des insectes métalliques débarquent dans vos baffles avec précision, transportés par des vagues de bruits blancs élancés, qui se chargent de parader au beau milieu de samples névrotiques. Un bonheur pour les oreilles, qui n’en finissent plus d’engloutir les pluies infra-basses inassouvies. On retrouve également des arthropodes tonitruants sur Entomodub 1, qui nous balancent des grillons écrasés à la figure, en jouant sur les sonorités sulfureuses de breaks déclassés (et décalés en fin de morceau) aux tonalités embrouillées par des synthés spectres et aliénés. A noter également la participation du teuton de choc Jayrope et son Zuhörtanzmusik (Entomodub remix), qui se charge en fin de galette de déplomber les molaires de Lena de façon brillante, en becquetant les eurythmies tout en dispersant une foultitude de samples qui vont de la guitare aux synthés, en passant par le métallophone.

Tout le long de cet opus paradisiaque, on pense souvent à Pole qui ferait un fight avec Adrian Sherwood, ou encore au Mad Professor qui imbiberait ses machines de glace pillée arôme Pan Sonic. Très complexe, l’univers de Lena est composé de vibrations africaines qui s’entrechoquent avec la froideur des vrombissements germaniques, de soleil et de glace, d’amour incontesté pour le dub raffiné et l’électronica déjantée. Un opus qui compte parmi les meilleurs disques de dub electro de cette année.