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4
sur 5

On avait déjà parlé de post-rock à propos de Jim O’Rourke et de ses groupes Gastr Del Sol et Brise-Glace. Couplé avec Tortoise, et autres pourfendeurs de la chose rock, O’Rourke a su se désolidariser de ce courant. C’est donc plutôt de post-folk qu’il sera question. Encore que. Notre passé de vieux fan de folk nous renvoie, pour quelques morceaux de ce Eureka, vers un folkeux qui ne ravira peut-être pas tous nos lecteurs, mais dont le Jim en question se rapproche tout à fait. Nous voulons parler de Donovan avec notamment son dernier opus Sustras, passé inaperçu, mais qui mérite de figurer dans toute bonne discothèque. Women of the world (titre emprunté à Neil Hannon de Divine Comedy), placé en première position dans la track-list, nous renvoie aux troubadours anglais dont Donovan se réclame, et cela ne nous surprend pas de trouver cette sublime mélopée dans un album du producteur de Smog. Mais les références ne s’arrêtent pas là. On retrouve en effet ça et là quelques-uns des groupes et artistes qui ont fait le plus avancer les sons du rock. Un Mark Hollis de Talk Talk se cache sans doute dans Movie on the way down. Un piano Pink Floydien du bon temps d’il y a vingt-quatre ans (Wish you were here) apparaît derrière les superbes arrangements de Through the night slowly. Etc. etc.

Au fur et à mesure, on se demande quand même comment Jim O’Rourke fait pour avoir toutes ces idées de mise en musique, ces mélodies dignes des plus grands (il reprend d’ailleurs merveilleusement Something big du maître Burt Bacharach). D’autant que Jim ne se contente plus de composer, de jouer des claviers et de diriger de parfaits arrangements (les violoncelles et les cuivres de Please patronize our sponsor). Il se pique de chanter. Et diable comme il a raison. Une maîtrise exemplaire de sa voix nous est révélée dès l’ouverture de l’album, et on a du mal à croire qu’il se soit jusqu’ici retenu. Continue donc mon gars, ce disque restera comme celui de Mark Hollis il y a un an.