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3
sur 5

Après avoir été repris lui-même par de nombreuses icônes de l’Internationale indie rock, et interprété par le passé des chansons d’Otis Redding, de Neil Young, de Thin Lizzy ou de Bob Dylan, Howe Gelb effectue ici un adieu aux armes sous le nom de Giant Sand. Il nous a en effet confié que cet album pourrait bien être le dernier du groupe sous ce nom. Cover magazine constitue une suite plutôt hétéroclite et bien remplie au magnifique Chore of enchantment paru en 2000. Ainsi, Johnny Cash, PJ Harvey, Nick Cave, Goldfrapp, Sony & Cher, Neil Young et Black Sabbath figurent au menu.

L’entrée en la matière se fait de fort belle manière, avec un meddley de Marty Robbins qui se mue vite en Out on the weekend, un des sommets d’Harvest, album essentiel de Neil Young, sorti en 1972. Et aussi probablement la reprise la plus inspirée de cet album. Dès la fin du morceau, les errements de guitares électriques prennent le dessus et donnent à l’ensemble une vaste allure de patchwork. L’apparition de sa majesté Polly Jean Harvey, aux choeurs sur un criard Johnny hit and run Pauline qui sonne très Frankie teardrop, renvoie au début des années 90, lorsque PJ se mettait en sous-vêtements à chaque rencontre avec la presse. Que ce soit avec Vincent Gallo ou Howe Gelb, sa participation reste plus décorative que nécessaire. Beaucoup plus convaincantes sont les apparitions de Matt Ward, aux choeurs ou au piano, notamment sur une version méconnaissable de Iron man, figure de proue de l’oeuvre de Black Sabbath. La reprise de Sonny And Cher, The Beat goes on reste totalement superflue, suggérée par un fan espagnol, même si elle apporte un peu de légèreté à un album somme toute assez sombre. Tellement superflue qu’on la retrouve même en version live enregistrée à Bruxelles.

Plus réussies sont les reprises de Johnny Cash (le standard Wayfaring stranger et I’m leaving now qui ressemblent presque à du Will Oldham) et de Rainer Ptacek (The Inner flame), l’ami de toujours d’Howe Gelb, décédé en 1997. Notons tout de même qu’Howe Gelb reste plus convaincant lorsqu’il se reprend lui-même, avec une belle version de Blue marble girl enregistrée à Oslo, que l’on jurerait rajoutée ici afin de meubler quelque peu ce patchwork d’une heure et des poussières. On attend donc fermement un nouvel album du placide songwriter de Tucson plutôt que cet exercice de style à moitié réussi.