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4
sur 5

(TalkingLoud/Mercury)

Il fallait bien qu’il arrive un jour, l’album live de Galliano. En effet, les princes anglais du groove brûlant excellent sur scène, c’est même l’endroit où leur musique s’exprime le mieux, car sur les enregistrements studio, on les sent la plupart du temps comme engoncés, empêchés de bouger dans leurs habits de rythme. Pourtant, ce n’était pas faute d’immobilisme : après des premiers essais de bon aloi, mais qui ne leur rendait pas entièrement justice, Galliano avait surpris son monde l’année passée avec un disque, 4, qui utilisait de nouveaux espaces et surtout de nouveaux sons, issus d’un apport technologique à défaut de sonner techno. Mais sur scène, et sur ce Live at the Liquid Room, foin des séquenceurs et autres échantillonneurs, c’est l’énergie qui prime. Enregistré à Tokyo où ils sont des stars underground, mais des stars tout de même (au Japon, le jazz, le groove, la musique funk et ce qu’il est convenu d’appeler l’acid jazz cartonnent depuis longtemps comme il est peu permis), Robert Gallagher -décidément, il n’est pas un pays du globe où il n’y ait un Gallagher adulé !- et ses troupes, dont la toujours charmante Valérie Etienne, furent de toute évidence très affûtés, toujours dans le bon tempo, allongeant à l’envi les morceaux sans pour autant les affaiblir ou leur faire perdre leur substantifique moelle. Prince of Peace est encore un hit incontournable, Jazz est anthologique et un titre tel que Roofing tiles apporte une bonne respiration au set. On pourra toujours gloser sur le son, impeccable mais un tantinet propre, c’est le problème sans cesse posé par les disques live. Au final, c’est un très bon et fidèle témoignage des concerts de Galliano, l’un des derniers groupes estampillés « acid jazz à tenir la route.