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sur 5

Depuis la brutale destruction des Pixies, Frank Black enfile les disques comme on va au Fast Food. Sans aucun souci de qualité, avec une sacrée dose d’autosatisfaction, il refuse obstinément de faire là où on lui dit de faire et suit sa propre route, ignorant dédaigneusement les attentes des ex-adorateurs de son premier combo… Se plaisant à répéter qu’il continue à faire de la musique pour se remplir la panse… Quatrième album déjà et Frank Black ne s’est toujours pas trouvé… Son unique réussite reste Teenager Of The Year, album grassouillet mais largement satisfaisant (surtout avec le recul)… Probablement vexé de s’être fait moucher par la réussite de son ex-bassiste -Kim Deal-, l’hippopotame indé tente désespérément de revenir à la fraîcheur des jeunes années des farfadets de Boston…

Pour exemple, son troisième album, The Cult Of Ray, plutôt brut de décoffrage, sur lequel il abandonnait les claviers pour un bon vieux power-quartet guitare-basse-batterie-voix… Avec son nouveau groupe The Catholics, Charles Thompson aka Frank Black enfonce le clou encore plus loin. Son « live », guitares « redneck », l’avenir du rock pour l’ex-Pixies se résume à quatre boutonneux prépubères jouant dans leur garage. Voir le leader du « plus grand groupe de rock du monde » sombrer dans un tel conservatisme, franchement voila qui fait mal au fondement. Côté compos, Frank Black se regarde le nombril. Ca lui vaudra sans doute une médaille olympique au vu l’exploit sportif mais sûrement pas l’estime de son public. Pour exemple, l’indolent Dog Gone qui navigue dans les eaux de Los Angeles et de I Don’t Want To Hurt You, ou encore King & Queen Of Siam flirtant avec The Vanishing Spies. Et quand il enfile un galurin de garçon vacher pour nous braire un Six-Sixty-Six country, une Bud à la main, on se met à craindre le pire pour l’avenir (un duo avec Dolly Parton pour le concours de la plus grosse poitrine ?)…
Les tentatives pop-punk (All My Ghosts, I Gotta Move) sonnent comme du mauvais Weezer -ce qui est un comble- et Frank Black nous gratifie, encore et toujours, de morceaux tordus proprement inécoutables. Ses albums étant de plus en plus catastrophiques, on finit par se demander si ce vieux Frankie a encore quelque chose à dire, ou s’il cachetonne pour se payer le câble. Tant de désinvolture finira sans doute par lasser ses auditeurs. Va comprendre, Charles ! Tu devrais peut-être te réconciler avec ton ancienne bassiste finalement débridée…