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3
sur 5

Etonnant de trouver un « vrai » groupe (avec de « vrais » instruments : batterie, basse, guitare), sur Fat Cat, label avant tout catalogué electronica dérangée et malpolie (V/VM, DJ Speedranch, etc.). Et pourtant nous voilà avec Fonn, groupe de post-rock plus ou moins intéressant. Avec ce genre de groupe, la question n’est pas de savoir si c’est bien ou pas, mais simplement si on a envie d’écouter ça en ce moment. Parce que d’innovation (malgré le design de la pochette, le label, etc.), il n’est point question ici. En effet, avec des morceaux comme Wash ou Def at 3.49, nous voici transportés à l’époque bénie de Loop, Spacemen 3 et autres Hair and Skin Trading Co. : nappes planantes et bruyantes, lignes de basse répétitives, guitares psychés noyées dans du flanger et de la distortion qui s’étendent sur de longues minutes.

Un peu d’électronique dans le disque avec Blue friction et Aviator, qui mélangent bruitages et guitares en boucles, ou Title that can change, dans une lignée Boards Of Canada qu’il est dommage de ne pas retrouver plus approfondie ailleurs. Carcus regroupe à lui seul tous les clichés du rock indé post-Slint : divertissant ou ras-le-bol, au choix. I of the lighter mélange habilement Add N To X et Can mais, comme disait quelqu’un, trop de son étouffé distrait l’auditeur. Filter et Cone sont deux ballades acoustiques calmes et souplement rythmées, tandis que Squall dénude les fils pour finalement faire du Gastr Del Sol scolaire. No attachments utilise sans la moindre pudeur un delay pas entendu depuis les drippings de Vini Reilly au sein de sa colonne Durutti à lui. Enfin, Found it ! conclut le disque bruyamment, un peu à la manière des Drop Nineteens.

Vous vous souvenez des Drop Nineteens ? Ils ont pourtant sorti deux albums, National coma et Delaware sur Caroline il y a quelques années. Or, bien que la musique de Fonn ne soit pas totalement dénuée d’intérêt, son manque d’originalité risque de la faire passer inaperçue. Et j’ai bien peur que l’on se souvienne d’eux précisément comme on se souvient aujourd’hui des Drop Nineteens… C’est-à-dire très vaguement. Un grand bof…