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4
sur 5

Une fabuleuse anthologie qui tente de raconter des pans entiers de la musique moderne éthiopienne aux mélomanes du monde entier. La collection a été lancée l’an dernier par le producteur Francis Falcetto avec ces deux volumes. Le premier album est un hommage rendu à toute une série de productions qui surent créer durant la période de libéralisation ou de fin de l’Empire une véritable passerelle entre l’Afrique et la nouvelle culture anglo-saxonne : un son unique, n’existant nulle part ailleurs sur le continent, y est né. Il s’agissait d’une sorte de funk raffiné, très peu marquée cependant par le groove américanisant de l’époque, bien que foncièrement jazzy. Le volume s’intitule tout simplement L’âge d’or de la musique éthiopienne moderne (1969 -1975), c’est vous dire… Quant au second, intitulé Térchawèt! (« Joue! Amuse-toi! »), il irradie de bonheur.

Car il s’attache à provoquer en nous les mêmes sensations éprouvées par les différents publics qui s’aventurent dans l’univers « azmari »: des bals plus ou moins clandestins qui ont permis de remettre en selle en ces années 90 une vie musicale complètement anéantie pendant la période dictatoriale (de 1975 à 1991, avec les militaires au pouvoir). Servie à la harpe (le krar), une musique qui fut probablement jouée par des orchestres d’une époque passée s’interprète ici en formation plus que réduite, mais avec un plaisir toujours aussi épatant. Et une liberté sans égale au niveau des textes. Ainsi qu’un humour qui déborde largement les limites de la langue. On vous recommande entre autres Toutouyé de Tigist Assèfa. Mais ne soyez pas trop pudique. Sinon, allez directement écouter son duo avec Admassu Abatè (Ambassel). Et n’oubliez surtout pas de réecouter le magique Bob Marley d’Adanèh Tèka