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4
sur 5

Pour l’instant, Cha-Cha Cohen n’a pas sorti grand chose : deux 7″, deux maxis et basta. Pourtant, il y a fort à parier que leur cote montera d’un coup lorsque leur premier album éponyme sera sorti. Sans être de la dynamite, il surprend d’abord par la richesse du son, et par la maîtrise des compositions. C’est assez rare, mine de rien, à moins que le disque ne sorte sur une multinationale du disque où l’on a fait refaire quatre fois son album à l’artiste avant de le présenter. Mais là, c’est sur Chemikal Underground, le label écossais de bonne -et non usurpée- réputation pour avoir mis au monde Mogwai ou Arab Strap.
Et ce qui surprend encore, c’est l’aisance et la force dans la voix de la chanteuse Jackie qui, a certains moments, ne serait pas sans rappeler la morgue d’un Mark E. Smith (The Fall). Pouvoirs spéciaux pour le nord de la Grande-Bretagne ? Pas vraiment, puisque Jackie vit aux États-Unis, ce qui d’ailleurs, n’est pas sans poser de problèmes pour ce qui est des répét’, on s’en doute. Cet éloignement entre les membres du groupe ne fait que rajouter à l’étonnement de se retrouver avec un album si plaisamment mature et spontané à la fois. Amateurs de rythmiques coulées dans le béton, il y en aura pour vous, avec Cool slate ou Serpentine slip par exemple -là on se dit, c’est pas possible, c’est vraiment The Fall. Et si les guitares et autres instruments organiques ont la part belle, la technologie, par l’appoint de voix enregistrées, de samples discrets ou de synthés barrés en arrière fond, n’est pas laissée à l’écart. Au résultat, voila un album qui tient très bien debout tout seul, grâce à des titres imparables tels que He’s jet, Spook on the high lawn ou Trick or treat. Vraiment une des très jolies surprises de ce début d’année.