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4
sur 5

Pas loin d’un an après l’excellent Invasion of, dernier épisode avant sa rupture avec le label français Noise MuseuM, Matthieu Maire est de retour avec un nouvel EP signé Celluloïd Mata. La Connectique est le 20e volume d’une série de mini-albums parus sur Hymen, subdivision d’Ant-Zen dédiée à l’electro expérimentale. Toujours aussi radical dans ses recherches sonores, le Rennais nous livre une série de sept titres, imprégnés de sa touche personnelle, même s’ils laissent entrevoir quelques changements.

Dès l’ouverture, on entre au cœur de l’univers de Celluloïd Mata : rythmiques lourdes et agressives, ambiance oppressante, sonorités distordues au possible. Le style est donc bien là, mais, contrairement à ses anciens travaux -plutôt répétitifs pour la plupart-, Maire adopte cette fois des structures bien plus progressives. En plus des classiques modulations sonores appliquées aux boîtes à rythmes, ses nouveaux instrumentaux se construisent autour de subtiles variations. A l’écoute de Code ou de Level MP, l’auditeur se retrouve plongé dans un bain de sons extrêmes, dont les subites transformations renforcent délicieusement la brutalité des morceaux. La surprise de taille reste tout de même Body supply, qui ne comprend aucun élément de percussion. Constitué de deux parties distinctes, ce titre traverse de nouveaux territoires, la voix et la mélodie, quasiment inexplorés jusqu’à présent par Mata. L’utilisation des vocaux féminins n’est d’ailleurs pas sans rappeler l’esprit des Legendary Pink Dots : effets synthétiques stressants, prononciation confuse et linéaire, etc. Quant aux lignes de synthés qui suivent, elles ne sont pas sans rappeler les grands pontes actuels de l’electro que sont Aphex Twin et Autechre. Mais ce bref renvoi aux influences de Celluloïd Mata ne dépasse pas le cadre de la citation. Pour preuve, cet enchaînement brutal avec le titre suivant qui nous replonge dans les bonnes vieilles percussions saturées, qui lui sont si chères.

Peut-être un peu trop court (c’est malheureusement le problème des disques de la série : ils ne dépassent jamais le format du maxi 45), La Connectique reste une très bonne surprise, sur laquelle sont dévoilés de nouveaux aspects de Celluloïd Mata. Les fanatiques d’electro extrémiste seront donc comblés.