PARTAGER
5
sur 5

Attention grosse, très grosse claque que ce Hello nasty. Le retour des Beastie Boys est plus que gagnant, puisque cet album est leur meilleur. Pas que les précédents soient mauvais, au contraire, mais celui-ci est monumental en tous points. D’abord, le son secoue les tripes du début à la fin ; Mario Caldato Jr., qui une fois encore, a épaulé les Beastie, confirme qu’il est un producteur hors pair.
Ensuite, les influences -alors que de ce côté-là, on doutait sérieusement- sont encore diversifiées, avec deux grosses nouveautés ; d’une part, les sonorités latinos mises délibérément en avant (jusque là, c’était plutôt du sous-jacent), et l’apparition de la ballade (une influence naturelle, ou signée Money Mark ?).

Bon, allez, flippez pas, ils sont toujours là, les Beastie Boys archi-remontés que vous adorez : dès le premier titre, Super disco breakin’, c’est l’énergie pure qui parle. Un beat d’acier, un flow reconnaissable entre tous (même si ce ne sont pas individuellement des champions toutes catégories du rap, l’alliance de leurs voix et la manière unique qu’ils ont de se la jouer « à toi à moi » est incroyable), l’electro dans tous ses états, c’est direct dans la face qu’on se le mange, le nouveau Beastie. L’electro, c’est quelque chose que l’on retrouve tout au long de l’album, notamment sur Body movin’, comptine survitaminée avec ses voix accélérées, et bien sûr sur le premier single super-imparable, Intergalactic.
Les Beastie Boys dynamitent les chapelles les plus pointues et apparemment les plus imprenables (le gimmick techno pulvérisé et ridiculisé de Putting shame in your game, la rythmique jungle désamorcée par la douceur sur And me), mais savent se montrer respectueux lorsqu’il le faut, voire rendre hommage (Three MC’s and one DJ, merci Mixmaster Mike, qui officie d’ailleurs sur Sneakin’ out the hospital, Putting shame in your game, Can’t, won’t, don’t stop et Unite). Et lorsqu’ils se retrouvent face à un maître, la collaboration est tout simplement magique (Dr. Lee, PhD, avec Monsieur Lee « Scratch » Perry).

Vous en voulez encore ? Pas de problème : le latin son annoncé est bien présent (Song for Junior), le dub est à l’honneur sur Unite, et l’adoucissant est compris dans le prix (I don’t know ou Picture this). Alors quoi, l’album de l’année, déjà ? Difficile à dire maintenant, mais ceux qui voudront surpasser ce Hello nasty auront intérêt à se lever tôt…