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4
sur 5

Troisième album d’Alec Empire, Nic Endo et Hanin Elias, accompagnés pour l’occasion de Kathleen Hanna (Bikini Kill), D-Stroy et Freestyle (The Arsonists) et Dino Cazares (Fear Factory). La formule est toujours la même : du punk à base de grosses guitares sur drum & bass hardcore et cris de colère, et un discours révolutionnaire, anarchiste et anti-fasciste. La plupart des morceaux sont des incitations à l’émeute à l’attention de la génération digitale : Revolution action, By any means necessary (aucun rapport avec l’album By all means necessary de KRS-One -à part le discours politique), Atari Teenage Riot, dans lequel l’influence de Public Enemy (autres agitateurs notoires) est bien présente (Go ! go ! go !), The Virus has been spread (1’30 de chaos absolu et menaçant, dans la plus pure tradition du grind-core), Too dead for me, etc. Seul The western decay, curieusement assez lent, construit à partir de nappes de synthés angoissantes, fait penser à Godflesh, autre machine de guerre anti-sociale, tandis que US fade out exprime fidèlement notre chère paranoïa de fin de millénaire, grâce à la chanteuse qui rappelle Kim Gordon et à un orgue étrange et planant.

Mais surtout Digital hardcore, meilleur morceau du disque (et manifeste du label ?), un chef-d’œuvre de violence, de bruit et d’agression électronique : avec un riff à la Slayer et des textures bruitistes à la Merzbow, on jouit d’assister au retour de l’électronique à l’état sauvage. Avec Terre Thaemlitz et Khan, Alec Empire fait partie de ceux qui s’acharnent à vouloir mettre du sens dans la musique électronique (celui de la révolte, en l’occurrence) : une cause pas forcément perdue d’avance, défendue par des combattants ironiques qui auront toujours plus de panache que la meute des aligneurs de samples.

Avec ce 60 second wipe out, probablement le meilleur album d’Atari teenage Riot, la relève des Dead Kennedys est enfin assurée, avec une énergie décuplée.