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Ce Syrien, Parisien d’adoption, continue un voyage musical entamé depuis de très longues années dans la mystique soufie et dans la philosophie orientale. Fin compositeur, il aime à puiser dans un patrimoine où l’imaginaire navigue entre l’Orient et l’Occident (la culture arabo-andalouse est une référence essentielle chez lui). Un univers sonore croisé où le qânun (cithare arabe) parle à l’accordéon et à la contrebasse, où les violons, le sax ou les bongos se marient à merveille avec le ney (flûte), où le piano fait du pied aux percussions orientales… Sa voix suave et basse rend un hommage appuyé ici à Omar Khayyam. Un savant perse, qui a vécu entre le 11e et le 12e siècle. Il était géomètre, astronome, mathématicien, physicien, médecin et philosophe. Il est l’auteur d’un excellent Traité d’algèbre traduit en français en 1851. Il est celui qui réforme le calendrier en l’an 1074 afin de pouvoir adopter l’année bissextile, bien longtemps avant le grégorien en Europe. Que des choses admirables à son sujet… Mais il est avant tout un poète qui lutte entre autres contre l’intolérance et l’obscurantisme.

« Ma raison est de perdre la raison/Ma religion est l’indifférence à la religion/Une seule réponse m’a suffit/Après le doute, du vin est né ma certitude ». Fervent adepte du quatrain, à une époque où il n’y avait que dédain pour cette forme poétique, il aime à célébrer le vin de l’intelligence rebelle, contre les institutions, contre l’oppression de la religion aveugle et contre l’hypocrisie ambiante de ses contemporains. Appréciée de par le monde, la poésie d’Omar Khayyam est un chant humaniste à souhait. L’album rend aussi hommage à Ali Ibn Ali Taleb, cousin et gendre du prophète Mahomet, à qui on attribue une grande influence sur la mystique soufie. Une très belle orchestration. Indispensable.