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2
sur 5

Du côté de Depeche Mode, on a l’air de patiner sérieux à chaque fois qu’il faut sortir un nouvel album. Alors de live en compiles, on navigue à vue, et aujourd’hui la nouvelle arme est arrivée : le tribute album. De plus en plus, les maisons de disques utilisent ce stratagème pour, d’une part, faire parler d’un artiste un peu en perte de vitesse, de l’autre pour lancer, aux côtés de quelques valeurs sûres, des groupes dont la carrière connaît des hauts et des bas. Et lorsqu’il y a compile inter-labels, tout le monde est content.
Ce qui surprend d’autant plus concernant Depeche Mode, c’est que le tribute album est aussi généralement un embaumement de luxe. Or, que l’on sache, ils sont toujours là, les garçons. Il faut donc voir de quoi il retourne et oh ! surprise, on retrouve les fameuses locomotives censées assurer le succès. Disons le tout de suite, les Smashing Pumpkins auraient pu s’en sortir plus mal, sur un Never let me down again qui, sans toucher aux nues, s’écoute gentiment. World in my eyes lui, retravaillé (en combien d’heures, les gars ?) par Cure, s’écrase un peu le bec dans la terre. Heureusement, le traitement sur la voix de Robert Smith fait qu’on ne l’entend pas trop geindre. God Lives Underwater, avec Fly on the windscreen, nous rappellent juste qu’on avait bien fait de les oublier. Alors quoi ? On va encore se taper un disque de merde. Et bien, pas tout à fait, puisque Veruca Salt se tire plutôt bien de Somebody en jouant sur l’acoustique, que Meat Beat Manifesto fait, par son Everything counts hyper respectueux, revivre l’époque où l’on a vraiment aimé Depeche Mode (on était fort jeune, on avait -déjà- besoin d’argent…), de même que Hooverphonic pour Shake the disease (c’est plutôt mieux que leurs compos à eux).
Il y a quand même deux réussites incontestables sur ce disque : Master and servant par Locust et le Monument de Gus Gus. Ces deux-là, par contraste avec les autres, pointent sur la difficulté de réussir dans l’exercice de la reprise (qui devrait être en fait relecture). On citera les deux besogneux de service, les Deftones et Rammstein, qui font ce qu’ils on à faire : ils besognent…