On croyait avoir éclusé toutes les sélections de prix littéraires. Erreur : quand y’en a plus, y’en a encore. Dernières nouvelles sur le front de la rentrée.

Les femmes d’abord
Donc, après la liste Goncourt, la liste Médicis et la liste Renaudot, c’est au tour de ces dames du Femina, comme on dit, de dévoiler la leur. 15 romans français, 17 romans étrangers. Las : une fois encore, Mme Angot s’y trouve. Sans commentaires. Laurent Binet aussi, ainsi que Mathias Enard, Charles Dantzig, Hédi Kaddour, Boualem Sansal. Et Michaël Ferrier, que nous soutiendrons résolument.

Une blague des Inrocks
À propos du Goncourt, nos amis des Inrocks, dans leurs pages livres cette semaine, font une blague – comme chacun sait, c’est un haut lieu de l’humour au sein du journalisme hexagonal. Chaque année, disent-ils, la première liste Goncourt cache une bizarrerie. L’an dernier, c’était Grégoire Delacourt, auteur de navets grand public. Cette année, c’est… Denis Tillinac. Pourquoi, il écrit mal, Tillinac ? Non : mais il est « ultra-réactionnaire ». Donc, sa sélection dans la liste est une absurdité. CQFD ! C’est marrant, quand même : on a beau savoir qu’aux Inrocks, le critère de la littérature, c’est la conformité politique, on est surpris chaque fois.

Champagne (Pouilly, en fait)
Et maintenant, le prix de Flore. (Au sujet de ce dernier, d’une manière générale, lisez le témoignage d’Angie David, dans la dernière livraison de la Revue littéraire, drôlement intitulé « Comment je ne suis pas devenue Joy Sorman »). La sélection mélange savamment têtes d’affiches (Sansal, Binet), copines (Emilie Frèche, Héloïse Guay de Bellissen), jeunesse (Julien Blanc-Gras, Jean-Noël Orengo, Pierre Ducrozet). A gagner : 6000 euros et quelques, ainsi qu’un an de Pouilly-fuissé au café de Flore. A noter que nos confrères de l’Obs, dans leur présentation, manquent à leur légendaire objectivité en signalant qu’on trouve dans la liste « des auteurs de romans ratés comme Emilie Frèche ». Oh, les vilains. Comme ils ont raison !

Giono, es-tu là ?
Dernière sélection en date : le Giono. Zeniter, Enard, Majdalani, Mabanckou, Seksik, Haddad, Bleys… On vote, euh… Non, on ne vote pas, c’est vrai. Mais si on devait être supporter, ce serait… Mmm… de Pierre Senges, tiens. Pour son Achab (séquelles), et pour l’ensemble de son œuvre.

À l’étranger
Pendant ce temps, à l’étranger, Don DeLillo recevra en novembre, au moment du National Book Award, la Medal for Distinguished Contribution to American Letters. Sonnez, trompettes.

Détournement
Qui a dit : « Tahar Ben Jelloun n’écrit pas que des conneries, il en peint, aussi » ? Oh, ça va, on a le droit de plaisanter. Si la chose vous dit, il expose à partir de ces jours-ci à la galerie Véro-Dodat, à Paris.

Mais qui est François Saintonge ?
Il publie Le métier de vivant, chez Grasset. C’est son deuxième roman sous ce nom, après Dolfi et Marylin, chez le même éditeur. Nul ne sait qui il est ; simplement, il paraît que c’est un écrivain connu. Andreï Makine, disent les uns. Patrick Rambaud, disent les autres. « Même son attachée de presse ne l’a jamais vu ni entendu », révèle Le Figaro. Il sera en signature, derrière un rideau de tulle, à la librairie Fantôme, 4 passage de l’Invisible, à Urville, le 31 septembre à partir de minuit soixante-dix.

Détroit par-ci, par là
Coïncidence marrante : deux romanciers écrivent sur Détroit (la ville), en même temps. Thomas B. Reverdy, Il était une ville (Flammarion), et Alexandre Friederich, Fordetroit (Allia). Sauf qu’en fait, pas grand chose à voir, sinon le décor. Bon petit polar choral chez Reverdy ; reportage-poème en prose-essai chez Friederich. Du coup, on n’est pas obligé de trancher. Ouf.

Des conseils, à part ça ?
Oui, bien sûr. L’Arbre vengeur réédite Mes amis, le premier roman d’Emmanuel Bove, et Finitude Zobain, celui de Raymond Guérin. C’est un bon compromis entre tentation de jouer la carte de la découverte, et tentation d’aller vers des auteurs confirmés : lire ou relire les premiers romans (découverte) de morts célèbres (confirmés). De Flann O’Brien, vous pouvez tout relire (sauf Faustus Kelly, pièce de théâtre traduite chez Vagabonde) dans le gros volume de Romans et chroniques dublinoises, aux Belles Lettres ; un peu plus de 1000 pages, et 300 ou 400 tonnes de gags. Voyez Coupland, aussi (La Pire. Personne. Au monde, au Diable Vauvert) : acide, caustique, à mourir de rire. Pas si triste, l’automne.

À suivre…

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