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En sous-titre : De l’incitation à l’envie et à l’ennui dans les démocraties-marchés. En exergue, une citation de Deleuze et Guattari : « la pensée même est parfois plus proche d’un animal qui meurt que d’un homme vivant, même démocrate » (in Qu’est-ce que la Philosophie ?). Tout est dit. Dans cette société anarcho-mercantile qui est la nôtre, il ne fait pas bon marquer sa différence -pas celle d’une énième et quelconque identification tribale, mais d’une réelle pensée allant à l’encontre du discours dominant. Les pseudo-élites qui nous gouvernent (le règne de l’invisible), ces bandes de sodomisés mentaux sûrs d’eux-mêmes, de la légitimité de leurs idées, sont dans ce brillant essai passées en revue. L’exécution de Gilles Châtelet, à qui l’on doit déjà Les enjeux du mobile : mathématique, physique, philosophie (Le Seuil), est sans sommation. Dénonçant avec brio (celui d’un homme de science ayant le goût des lettres) la triple alliance du politique, de l’économique et du cybernétique, il se livre à un jeu de massacre salutaire. Car sur l’agora contemporaine, les enjeux ont pour nom recherche du profit illimité (quel qu’en soit le prix à payer pour les peuples), démantèlement des liens sociaux (à des fins de contrôle de l’homme), destruction de la nation, etc. L’ennui et l’envie, deux pestes de cette fin de siècle, restant les moteurs de ces nouveaux « techno-populistes » post-modernes. Qu’ils disparaissent. Et vite !