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sur 5

Contrairement à la France, les Etats-Unis aiment bien laisser à leurs comédiens issus de la télévision une chance au cinéma. Parfois, les résultats sont probants (Johnny Depp issu de 21 Jump Street pour n’en citer qu’un), parfois, le succès est plus mitigé. L’équipe de la série Friends pointe depuis quelques années le bout de son nez à droite et à gauche sans jamais rafler totalement la mise mais en se trouvant parfois au bon moment au bon endroit (Courteney Cox dans Scream, Lisa Kudrow dans Mafia Blues). Matthew Perry, après un peu retentissant Coup de foudre et conséquences, s’est associé à Bruce Willis pour Mon voisin, le tueur, une réussite au box-office américain contrairement au flop de Three to tango qui nous parvient aujourd’hui avec un léger décalage sous le titre Un de trop.

Tournée il y a deux ans, cette comédie sentimentale insipide table sur la présence à son générique d’autres stars du petit écran (Neve Campbell, Dylan McDermott) et de leur popularité auprès d’un large public pour donner du punch à une intrigue sans grande substance qui puise allègrement dans les fonds des classiques de l’âge d’or hollywoodien signés Cukor ou Hawks. Quelques concessions au goût du jour et l’habituel quota de seconds rôles gay et black ne suffisent toutefois pas à pimenter l’ensemble, ni surtout à contrebalancer le manque d’inspiration flagrant de la mise en scène. Un de trop est orchestré autour de Matthew Perry qui, une fois encore, réitère son numéro bien rodé de trentenaire loufoque, éternellement gauche et sincère, et finalement, capable d’emballer n’importe qui. Qu’il lui faille pour ça se faire passer pour homosexuel et recueillir les timides souvenirs saphiques de sa Dulcinée nous importe finalement assez peu, dans la mesure où le film ne tire rien de cette idée et ne s’appuie sur aucune ambiguïté pour nourrir concrètement son propos. La distance qui sépare le film de ses modèles est telle que seules sa déprimante superficialité et la paresse de sa réalisation restent en mémoire à la fin de la projection. Triste bilan.