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sur 5

Ne parvenir à tirer d’Anny Duperey rien d’autre que des embrassades, qui ressemblent en tout point à celles qu’elle offrait déjà à la télé dans Une Famille formidable, passe encore… Mais faire sonner faux l’ex-membre de la Comédie-Française Philippe Torreton, là, c’est très fort… et pourtant, c’est le challenge réussi par la réalisatrice Anne-Marie Etienne dans Tôt ou tard.

Comme dans tout mauvais film pourtant, chacun trouvera quelques scènes à sauver… pour nous, ce sera notamment celle dans laquelle Philippe Torreton, qui par deux fois a failli écraser Benny, le caniche de sa femme, s’exclame : « Mais je t’avais dit de ne pas le prendre de la couleur de la moquette ! » Hélas, cette pointe d’humour ne trouve pas d’écho dans la suite du film. Tôt ou tard relate l’avant rencontre de Catherine (Amira Casar), une jeune femme passionnée de chanson et d’Eric (Philippe Torreton) un violoncelliste frustré. Le film reprend le principe selon lequel deux êtres prédestinés à se rencontrer se croisent sans se voir et débute d’ailleurs sous les auspices d’un prélude lourdingue qui rend tout suspens impossible : le futur enfant du couple (qui ne s’est pas encore formé) s’adresse au spectateur pour lui parler de ses futurs géniteurs. La suite n’est pas beaucoup plus légère. En effet, pour argumenter le précepte, « quand on remonte aux origines de la coïncidence, on s’aperçoit qu’elle était inévitable », la réalisatrice multiplie les croisements entre les deux héros : même bouton de fièvre pendant les auditions, même saignement de nez en cas de forte émotion sans parler des relations foireuses à répétition chacun de son côté, ni de l’amie commune qui, bien évidemment, ne songe jamais à les présenter l’un à l’autre…

Pour ne rien arranger, le groupe que fonde Catherine avec une amie amatrice de flamenco rappelle les plus mauvaises heures des années 80 tant vestimentairement (la costumière du film a vraiment fait des efforts pour enlaidir de façon considérable les deux actrices principales), que musicalement… décidément, il n’y a (presque) rien à sauver dans Tôt ou tard !