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sur 5

Roberto Rodriguez représente le rêve de tout producteur : ses films coûtent peu et rapportent gros. Les producteurs sont ravis, le spectateur un tant soi peu exigeant l’est beaucoup moins car, excepté The Faculty, une petite série B d’horreur gentiment subversive, les réalisations de Rodriguez sont dans l’ensemble d’une grande médiocrité. Malgré des films peu convaincants, son univers, violent et gore, avait jusqu’ici le faible mérite d’être cohérent. Cette fois, il s’attaque à un genre bien différent : le divertissement familial. Inutile de faire durer le suspens ; cette étonnante reconversion est loin d’être une franche réussite. Spy Kids n’est qu’un « machin » hideux, un blockbuster bouffi et sans âme.

Ingrid (Carla Gugino) et Gregorio (Antonio Banderas) faisaient partie de la crème des agents secrets avant qu’ils ne décident de prendre une retraite anticipée pour fonder une famille. Deux enfants plus tard, ils mènent une vie bien rangée lorsque leurs ex-collègues disparaissent les uns après les autres. Ils reprennent alors du service mais sont immédiatement capturés par le méchant Floop, un inventeur fou. Heureusement, leurs enfants décident de jouer aux apprentis-espions et partent à leur recherche. Avec sa pléthore de gadgets – de quoi faire pâlir un Pif au meilleur de sa forme -, son méchant qui voudrait dominer les monde, Spy Kids se voudrait une version délirante et pré pubère de James Bond. Mais l’imaginaire de Roberto Rodriguez n’accouche que d’un monde disgracieux. Un monde constitué d’effets spéciaux aussi nombreux que ratés (les incrustations ultra-visibles du film nous font songer à une mauvaise météo télévisée) et peuplé d’horribles créatures (en particulier, les « floopies ». Comparés à ces Groquick psychédéliques, les Kinder surprises sont de véritables chefs-d’oeuvre de l’art contemporain). Ils est à parier que les enfants trouveront les cascades et les gadgets « top cool » mais, nous malheureusement, on est beaucoup trop grands et tout ce que l’on voit, ce sont deux singes savants évoluant dans un film grossier, d’une laideur rarement atteinte au cinéma.