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sur 5

Fidèle aux promesses de ringardise de sa redoutable affiche qui annonce d’emblée le grotesque d’une débauche de muscles, de cascades et d’explosions, Simon Sez sauvetage explosif se maintient de bout en bout à la hauteur de son titre et du néant absolu de ses ambitions artistiques. Projet absurde, résurgence inexplicable d’aberrants concepts de production qui, dans les années 80, sous la houlette de petits chefs tels Menahem Golan et Yoram Globus, firent long feu, cette série Z au rabais vaut son pesant de débilité crasse. Deux minutes suffisent au film pour atteindre son point de non-retour. La question qui se pose alors est : « Mais qu’est-ce que tout ça peut bien avoir à voir avec le cinéma ? » Ringo Lam et Moshe Diamant, maîtres ès nanards foireux ont réuni un ex-basketteur peroxydé, un ex-minet de boy’s band hexagonal (Filip, l’attrape-nymphettes des 2B3), une ex-mannequin et, pour la réalisation, un ex-comptable de production dans l’espoir que ce ramassis de déclassés leur livre un film d’action qui se voudrait d’aujourd’hui.

Rien à dire sur l’intrigue qui fait se courir après, sous prétexte d’un kidnapping quelconque, un mystérieux justicier, des représentants de la CIA et d’Interpol et des méchants très très méchants. Tout ce beau monde se fait dorer sur la Riviera, french touch oblige, et pratique les arts martiaux, comme d’autres boivent, par dépit, par automatisme, pour tuer le temps. En fin de compte, les auteurs signent involontairement un catalogue assez exhaustif de faux raccords, de fautes de goût et de style (dans le genre insoutenable, les costumes sont plutôt réussis) et d’incompétences techniques. Le cinéphile pervers trouve là toutes les raisons de se pourlécher les babines, notamment dans une séquence d’anthologie où le cadreur inclut les rails de travelling dans un plan interminable comme si les responsables de l’ensemble, soudainement lucides, se lançaient dans une enthousiaste poétique du navet. Le dossier de presse nous rassure, l’entreprise n’aura pas été totalement stérile puisque Dennis Rodman révèle avoir été tout retourné par la découverte de la pétanque. Dixit (à propos des boules, sic) : « Il faut être précis, concentré, c’est plus qu’un sport, c’est un mode de vie. » Simon Sez aura donc au moins eu le mérite de bouleverser l’existence de quelqu’un. Comme quoi, il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir du cinéma.