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sur 5

Là, c’est vrai, on touche un peu le fond. Ce n’est pas le genre bleu-rose des comédies romantiques fleurs-bonbons qui rebute, malgré le rétrécissement de tout, l’oubli des urgences, la pâleur des passions. Bien au contraire : refrain toujours repris d’un devenir artichaut du cosmos entier, la bluette cul-cul la praline a ses charmes, chante à tue-tête les élans du coeur, donc propose tranquillement de redéfinir le monde aux dimensions d’un snack-bar new-yorkais où s’échangent ici love at first sight, là promesses de bonheur à deux, plus loin réconciliations raccommodées. Aucun mépris pour le genre, vraiment, d’ailleurs on a acclamé ici même son avatar le plus glouton et le plus réussi de ces dernières années (Love actually, en l’occurrence). Mais sincèrement, difficile d’aimer d’amour tendre cet If only… de plus et de pacotille.

De plus : énième scénario du si seulement, qui répète que la vie est mal faite, sauf pour les amoureux, qui peuvent toujours s’arranger avec un coup de pouce du destin, d’un magicien qui les aiment bien, d’un sympathique deus ex machina de passage. Liturgie pépère de la seconde chance. Ici, Ian aime Samantha qui l’aime en retour, mais Ian est un golden boy stressé et distrait (le business avant tout, il en oublie l’essentiel) ; et puis on est à Londres, far from New York (terre natale et promise de la romance), alors tout va de travers, Samantha en a marre et paf, elle quitte Ian, et paf, elle meurt dans un accident de voiture. Mais la fatalité n’est pas fatale, et Dieu (ou la Destinée) déguisé en taximan offre à Ian une seconde chance : revivre la dernière journée, aimer mieux Samantha, changer le destin. Il y a quelques années, une niaiserie british avec Penelope Cruz racontait grosso modo la même histoire, elle s’appelait : If only, avec trois petits points de suspension.

De pacotille : Jennifer Love-Hewitt et son boy jouent comme des cochons mais ce n’est pas bien grave. Surtout, c’est le catéchisme imbécile du sacrifice des lovers (je t’aime, donc je meurs à ta place) qui fait peine à voir, emballé qu’il est dans le PQ d’une multitude de clichetons et d’inconnus qui vous offrent des fleurs. Petits clins d’oeil de la Providence, sourires qui brillent, champagne qui bulle, oeil qui mouille, feu de cheminée qui craque, pluie qui trempe, taxis qui taxent. Enfin quoi, c’est une réflexion sur l’amour et le destin.