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sur 5

En attendant la sortie de Dancer in the dark, les distributeurs nous proposent pour l’été l’une des récentes productions de Lars von Trier et de sa société Zentropa. Thriller horrifique sans guère d’ambition, Possessed débute comme un téléfilm Dogme (montage haché, image crade et hôpital ambiance Kingdom) pour finir dans une épouvante saugrenue digne d’une mauvaise série Z.

Soren, un jeune professeur danois, est confronté à deux étranges malades roumains présentant tous les symptômes du virus Ebola. Alors que les morts sont rapatriés dans leur pays d’origine et que le dossier est classé par des confrères, Soren reste persuadé que le lien entre les victimes n’est pas fortuit et relève d’un fléau inédit et dangereux. Sans hésiter, il prend un avion pour la Roumanie afin d’effectuer une ponction lombaire sur l’un des cadavres. Les analyses sont pour le moins surprenantes : l’ADN des macchabées correspond à celui d’un animal ! Et si le diable en personne se cachait derrière tout ça ?

Sauf que pour arriver à cette sympathique conclusion, Possessed prend son temps. Déjà, on passe une bonne demi-heure en Roumanie à la recherche des corps putréfiés, ce qui nous vaut quelques séquences laborieuses, dont une quasi surréaliste où notre médecin déterre un enfant mort pour faire son prélèvement tandis que sa fiancée le menace de le quitter s’il arrive à ses fins -le bon vieux conflit entre l’éthique et l’ambition professionnelle. En montage alterné, on suit également les pérégrinations de ce bon vieil Udo Kier (grand acteur éclectique : Fassbinder, Argento et Madonna sur son CV) dont tout nous laisse à penser qu’il incarne le Mal alors que, bien sûr, il est là pour tuer la Bête (les victimes étaient possédées, merci le titre) et sauver l’humanité avec ses cheveux blond platine de vieille tantouze teutonne. Bref, on n’y croit pas une seconde, d’autant plus que le concept du monstre passant d’un corps à l’autre est vieux comme le monde (ou comme l’excellent Hidden de Jack Sholder) et nous effraie bien moins que, par exemple, les abdos fessiers de Lova Moor.