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Alerte rouge, un film d’animation en 3D franco-canadien part à l’assaut des cimes Pixar. Son réalisateur ? Daniel Robichaud, superviseur de l’animation d’une impressionnante série de films (Le 5e élément, Titanic). Idée génialissime : bouleverser le monde « technologique et scénaristique » (sic) en proposant une version futuriste de Pinocchio. Si le résultat est assez éloigné de ses références, de A. I. à Métropolis, il parvient au moins à se hisser parmi les deux ou trois pires farces de l’année. Depuis l’adaptation cinéma d’Inspecteur Gadget ou la trilogie des Spy Kids, on n’avait à vrai dire jamais rien vu d’aussi laid, ignoble et complaisant dans le genre du divertissement agressif hanté par l’idée d’une infernale robotisation de la jeunesse.

Que le film fasse autant corps avec son sujet, décrire un monde déshumanisé dans lequel il n’y a plus de place pour le moindre élément naturel ou vivant, semble plus dû aux limites techniques assez pitoyables du film qu’à une volonté de discours. Il n’empêche, la façon de transformer le personnage de Pinocchio (ici petit robot au processeur de PC bon pour la casse) en une sorte de Jordy chanteur de tubes techno pour l’affreux parc d’animation du méchant maire Scomboli ouvre sur l’une des visions les plus froides et horrifiques de l’humanité jamais vue sur un écran. Il faut au moins prévenir toute personne projetant d’emmener quelques chérubins voir le film des conséquences possibles sur son mental. Le test est réalisé d’après projection-test composée aux deux tiers d’enfants de moins de 8 ans.

Résultats :
1. Au bout de moins de dix minutes, l’excitation visible de la salle se transforme en silence pesant. Pas un gag, pas un rebondissement n’entraîne la moindre réaction des enfants.
2. Alors que l’immonde univers visuel du film se déploie, les premiers pleurs apparaissent : impatience de sortir, impossibilité de se concentrer face à une telle foire aux clichés, horreur surtout devant ces personnages au design si foireux, à la bêtise si crétine, qui rappellent un fait divers assez ancien (une pub pour les biscuits Pépito en images de synthèse si ratée qu’elle dût être retirée des circuits publicitaires car elle effrayait les enfants).
3. Lorsque les lumières se rallument, tout le monde sort en silence. Un seul enfant semble témoigner d’une réaction : il se trémousse de manière convulsive au rythme de l’atroce chanson du générique. Regard torve, mouvement complètement mécanique : l’ambiance de cauchemar est totale. Attention, ce film pue la mort.