Pas top, le nouveau film de David Mckenzie (Young Adam, Asylum). Le cinéaste semble tellement fier de tenir un sujet en or – récit adolescent sous turbo adapté d’un roman à succès – que ça chauffe au point de sentir très vite le roussi. Dès le générique de début, entre animation bouffonne et fantaisie british colorée (entendez : bonbon acidulé qui vous barbouille l’estomac en deux temps trois mouvements), le ton est donné : auto-satisfait au possible, plein d’un entrain et d’un contentement stylistique dont la présence de Jamie Bell (Billy Elliott) annonce aussitôt les limites. C’est que McKenzie se la joue David Gordon Green façon L’Autre rive (où Bell était justement à son sommet), dans un style indépendant formaté et tape-à-l’oeil d’où peine à s’extirper le point de départ d’un scénario entre Tom Sawyer et Sueurs froides pour moutards : un drame familial, meurtre ou suicide de la mère d’Hallam Foe, entraîne la fugue du petit héros vers Edimbourg, où il découvrira l’amour en la personne d’un sosie de sa maman chérie. Marée de glucose à l’horizon, donc.

A imposer son style vague (et pourtant très péteux) sans jamais trouver de temporalité qui lui serait propre, Hallam Foe ressemble à un livre illustré sans charme, suite mécaniques de rebondissements faussement retors et souvent très blaireaux – bref, tout ce que le travail d’adaptation peut offrir de plus vermoulu. A son avantage, le film brosse un portrait rêche et sans nostalgie aucune de l’adolescence, bien éloigné du double écueil du genre : la rébellion discount ou la soumission misérabiliste. Mais c’est pour mieux se vautrer dans un petit monde lisse et artificiel où pas un geste, pas un événement n’échappe à la psychanalyse de magazine féminin qui filtre toute la mise en scène de McKenzie. Cela donne quelques séquences distordues et parfois même un joli sentiment d’hallucination molle (le voyeurisme de Foe qui avale tout sur son passage, le personnage démoniaque du petit boss), mais aussi une brocante d’effets cheaps et de fautes de goût qui bouchent toute perspective. De Billy Elliott à August rush en passant par ce Hallam Foe, plus de doute : il faut en finir avec ce sirop à la Dickens décidément plein de grumeaux.

Article précédentKung fu panda
Prochain articleThe Savage eye