PARTAGER
1
sur 5

Alors que le premier Mafia blues se servait avec succès, mais non sans un certain opportunisme, de la vogue des mafieux dépressifs lancée par la série Les Soprano, ce second volet des aventures de Paul Vitti semble définitivement sceller l’avenir au cinéma de ce juteux filon. Contrairement à la série télé qui continue superbement de radiographier le monde de la mafia contemporaine avec toutes ses contradictions, Mafia blues 2 se contente paresseusement de resservir des gags qui sentent le réchauffé et, pire que tout, d’être moins drôle que le premier opus. Car Harold Ramis sombre dans le principal écueil qui guette les suites au cinéma : au lieu de perpétuer la dynamique de l’original, il leste son film d’un sentimentalisme assez mièvre, ce qui arrive souvent quand le cinéaste croit -à tort- que les spectateurs ont envie d’en savoir plus sur leurs héros. Non content de devoir recueillir chez lui un Paul Vitti tout juste sorti de prison, le psychothérapeute Paul Sobel subit le contrecoup lié à la perte de son père décédé. Cette fois, le psy va aussi mal que son patient.

Parmi les gags qui ponctuent le film, peu sont vraiment efficaces. On ne retiendra parmi eux que la scène de l’hôpital quand Paul Vitti mime la catatonie et Sobel tente de le démasquer en le perturbant par des grimaces ou l’aiguille d’une seringue plantée dans la jambe. A cet instant, De Niro, tout du long impassible, est vraiment irrésistible. Il l’est beaucoup moins quand il cabotine en surjouant le parrain ou qu’il se trouve réduit aux pires clowneries (chanter l’hymne de West side story). A la différence de Billy Crystal -dans l’ensemble trop sérieux, mais qui nous offre quand même la deuxième meilleure scène du film en tentant de manger des sushis alors que sa bouche est paralysée-, De Niro ne sait pas faire la différence entre pitreries et singerie. Plus il tente d’être drôle moins il l’est. Même problème dans Mon beau-père et moi de Jay Roach où l’acteur ne faisait rire que quand il gardait son sérieux, laissant à la réalisation le soin de rendre la scène comique. Mais ici, les acteurs sont condamnés à en faire trop ou pas assez face à un Ramis qui exploite sans imagination le folklore de la mafia. A l’instar des dialogues souvent téléphonés ; quand Vitti tente par exemple de vendre une voiture avec un grand coffre : « visez-moi ça ! on pourrait y fourrer trois corps ! ». Mafia blues 2 aura au moins le mérite de mettre encore plus en valeur les qualités des Soprano, série qui, à la différence du film, ne tombe jamais dans ce genre de facilités.