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sur 5

« Darladidada, y’a du soleil et des nanas ». Ca fait plus de vingt ans déjà que l’équipe du Splendid s’attaquait au Club Med et à ses gentils membres. Lourdingue mais finalement assez drôle, Les Bronzés est devenu un classique du film de vacances. Les Gens en maillot de bain…pourrait être en quelque sorte la version actualisée de cette comédie culte. Mais exit la vision critique des voyages organisés, leurs animations débiles et leur gaieté forcée, Eric Assous s’intéresse exclusivement aux vacanciers. Peu importe que l’hôtel du film ait l’air tout aussi plouc que le village en Côte-d’Ivoire des Bronzés, il n’est qu’un cadre, comme un autre, où vont évoluer les personnages. Ils sont, en tout, une dizaine à débarquer à St-Martin pour quelques jours de détente.

Le portrait de groupe est un exercice on ne peut plus périlleux : facile de tomber dans le piège des quotas. Et, effectivement, on n’y échappe pas car on a droit à un véritable panel (en maillot de bain) concocté par la Soffres. Les blacks, blancs, beurs et homos de la France d’aujourd’hui ont donc tous droit de cité. Mais entre Rafik, le beur du 93 qui a de la tchatche, et Anita, la lesbienne psychorigide (interprétée par une Agnès Soral horripilante, qui donne l’impression d’avoir visionné en boucle tous les spectacles de Muriel Robin avant le tournage), le film ne nous épargne aucun poncifs. Parmi ces échantillons sociologiques mal dégrossis, seule Isabelle Gélinas en célibataire à la recherche de l’âme sœur s’en sort à peu près convenablement. Autrement, tout ce petit monde se borne à suivre le programme habituel de n’importe quel Français moyen en vacances : quelques scènes de ménage entre deux baignades ou encore un peu de libertinage entre deux séances de bronzage.

A moins que vous ne teniez absolument à vous détendre, inutile de s’embarquer pour ces vacances sans surprises et rarement drôles.