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Nanar de l’année, haut la main ! Ni revival eighties (Marc Lavoine + Zabou, sans toutefois Arnold Turboust), ni délire à la Harold Ramis (malgré son titre), Le Double de ma moitié ressemble à une sinistre comédie de boulevard transposée au cinéma (et en scope, s’il vous plaît). Dans le film, Zabou incarne des jumelles qui ne se sont pas vues depuis des années : Cécile, femme chic du couturier Thierry Monttino (Bernard Giraudeau), et Suzy, une Marseillaise avé l’assent mais pas la classe. La première est une belle salope, genre avide de fric et d’adultère. D’accord, faut voir le con de mari qu’elle se tape, mais de là à basculer avec Marc Lavoine (références, références…), alias Jérôme Quantas, associé arriviste de Monttino, faut peut-être pas exagérer. La seconde est bête à manger du foin (normal, elle est Marseillaise, semble nous dire le réalisateur) mais elle a le cœur pur et une âme d’enfant (elle bosse dans une fête foraine). Quand cette dernière débarque à Paris, Monttino vient d’apprendre que sa femme le trompe avec Quantas. Il a donc la merveilleuse idée de faire passer Suzy pour Cécile afin de compromettre les deux amants. Mais la garde-robe et le parler de la provinciale seront-ils compatibles avec les stratagèmes du célèbre créateur ?

Qui donc peut être à l’origine d’un tel projet ? Les nostalgiques de Prête-moi ta vie, le mythique téléfilm avec Stefanie Powers x 2 ? Les membres du lobby pro-Bouvard, militant pour que notre cinéma soit envahi par le genre d’humour « prêt-à-roter » dont est friand le gros Philippe ? Le souffleur de Georges Beller ? Le coiffeur d’Evelyne Leclercq ? Le chien de Marthe Mercadier ? Mystère… En tout cas, on peut d’ores et déjà parier que le nombre de spectateurs du Double de ma moitié ne dépassera ni le double ni la moitié des rares neurones appartenant aux concepteurs de ce film accablant.