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3
sur 5

Après plusieurs années d’absence où il fut relégué dans les pires rayons de nos vidéos-clubs par des distributeurs frileux et incompétents, Jacky Chan revient. Il était déjà réapparu l’année dernière dans Contre-attaque, le revoici aujourd’hui dans le Bronx comme nous l’indique le titre qui, une fois encore par une traduction faussement maladroite (Rumble in the Bronx), souligne le caractère légendaire du héros hongkongais.

Quel est l’intérêt de critiquer un film ou apparaît Jacky Chan ? Les aficionados iront le voir, les autres non ; critique ou pas, le résultat sera le même : le public est déjà conquis ou au contraire rejeté. Ce nouveau film ne déroge pas à la règle, néanmoins le décor change puisque la bataille aura lieu dans le Bronx (coproduction américaine oblige) ou Jacky va voir son oncle qui tient un supermarché dans cette partie de New York, berceau du crime et des gangs.

Récapitulons la recette pour les incultes, dans le désordre : combats hallucinants menés à grande vitesse et permettant à notre héros de nous montrer quelques facettes de son art (qui est grand), petite morale aux méchants gangsters qui foutent leur vie en l’air, et enfin histoire d’amour ultra niaise entre notre héros et une quelconque potiche (Anita Mui, habituée du rôle). N’y allez pas pour la recherche thématique, vous seriez déçus. En revanche si vous voulez de l’action, Jacky Chan reste le pro en matière du divertissement estival – même les américains soi-disants spécialistes du genre ne font pas mieux. C’est du cinéma ludique puissance 10, pas une seule seconde de temps mort, quand il n’y a pas de combat c’est un gag dans le grand esprit asiatique (particulièrement visuel et crétin), voire les deux en même temps. Le Buster Keaton épileptique est loin d’avoir perdu sa vivacité malgré la quarantaine bien passée.

Jacky Chan, contrairement à d’autres comédiens, ne mise pas son succés sur les moyens employés mais bien sur son unique talent, à savoir la faculté d’aller jusqu’à risquer sa vie pour le film (voir le bêtisier de fin), donc pour le public, et si la formule est désormais connue de tous, force est de constater qu’elle fonctionne toujours aussi bien. Si Jacky Chan dans le Bronx n’est pas son œuvre la plus époustouflante (allez revoir Opération Condor ou Le Marin des mers de Chine pour vous en assurer) il n’en reste pas moins très honorable dans la carrière du kamikaze Hongkongais.