Déguisé en monstroplante mi-homme mi-bulbe, Clovis Cornillac s’extirpe d’une glue de latex dans une grotte en papier crépon. Une suite de tunnels caverneux et de flashs crépitant dans l’obscurité plus tard, il comprend qu’une mystérieuse compagnie qui manipule le monde, Eden Log, l’a fourré dans un drôle de traquenard. Il ne lui reste qu’à se remémorer Cube pour chercher une sortie coûte que coûte et déjouer le grand complot qui menace de réduire l’humanité en esclavage. Replié dans sa maigre coquille scénaristique (des cloaques tubulaires distendus remplacent la boîte à malice de Vincenzo Natali, Franck Vestiel semblant plutôt lorgner vers la claustrophobie de The Descent), Eden log souffre de nombreuses tares. Celles du cinéma de genre français tout d’abord : naïveté adolescente, scénario inexistant, acteurs tête dans le guidon qui, même bâillonnés par un habile prétexte (Cornillac réduit à l’état de bête qui s’exprime comme le JCVD Cro-Magnon de Replicant), ne dépassent jamais le minimum syndical d’un téléfilm direct to video (mention à la bimbo croisée dans le réseau : deux répliques, et la honte s’empare de la salle).

A l’actif du film pourtant, un souci du travail bien fait qui transpire de chaque plan, de chaque décor : Franck Vestiel n’a rien d’un tâcheron cynique et semble à fond dans son truc. Rien d’un petit malin non plus, et cela rend le film à bien des égards attachant et respectable. Pour autant, une autre tare vient plomber l’envie d’aimer une telle rareté (après tout, un film de SF français, c’est comme une victoire du PSG : historique). Vestiel confond en effet mise en scène de cinéma et story-boarding, et la plupart des qualités visuelles du film ne fonctionnent que le temps de plans composés comme de simples vignettes de BD. Rien ne passe par le montage, aucun souffle, aucun mouvement ne vient mettre Eden log en acte. D’où l’ennui qui gagne (vite), et l’impression que ce travail d’artisan lorgnant vers des références élimées (Giger, Jeunet et Caro), n’a pour but que de finir en press-book ou en album Panini. Syndrome onaniste et pustuleux de la vignette geek par où l’essai, une fois de plus, s’écrase lourdement. Le cinéma de genre français n’a toujours pas fini sa puberté.

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