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2
sur 5

Il reste bien peu d’Alexandre Dumas dans cette énième adaptation des Trois Mousquetaires qui cherche avant tout à offrir une version rajeunie du film de cap et d’épée. Peter Hyams, réalisateur fétiche de stars musclées comme Van Damme (Timecop et Mort subite) ou Schwarzy (La Fin des temps) a voulu insuffler à ce genre quelque peu tombé en désuétude une énergie plus moderne, surtout dans les scènes de combats qui, on s’en doute, s’écartent considérablement des règles académiques de l’escrime…

Après un préambule où D’Artagnan, enfant, voit ses parents tués par Fèbre, suppôt du Cardinal, on le retrouve jeune homme sous les traits de Justin Chambers, en mousquetaire surdoué et susceptible, croisant le fer dans une auberge sur la route de Paris. Fort de ce que lui a appris son maître Planchet (Jean Pierre Castaldi !), D’Artagnan compte se mettre au service du roi Louis XIII, mais découvre que les mousquetaires, interdits de service par Richelieu, ne sont plus qu’une bande de poivrots sans volonté. Tandis que Fèvre (Tim Roth, impeccable) complote contre le roi, le jeune homme rencontre Francesca -Mena Suvari, une des révélations de American beauty- qui lui demande d’escorter la reine. Le script abandonne l’esprit romanesque pour n’utiliser que le squelette de l’histoire, étrangement dénudé pour mieux se plier à la dynamique du divertissement. Certes, les énormités abondent, et D’Artagnan réduit à la fois Dumas, l’histoire, et le film de cape et d’épée à une mécanique sans astuce, au service des codes hollywoodiens. Et ce n’est pas le casting international, la vague caution d’une Catherine Deneuve qui semble absente de son rôle, ou la présence insolite de Jean-Pierrre Castaldi, qui convaincront du contraire.

Mais plus ça sonne creux, plus on se dit qu’on a échappé au pire, aux prétentions de scénaristes de série B de vouloir offrir une nouvelle lecture du roman. D’Artagnan surprend par une certaine modestie, mais aussi par la qualité des scènes d’action (une interminable poursuite en carrosse, un duel étonnant en équilibre sur des échelles) et de son rythme, qui en font un divertissement honorable, judicieusement débarrassé de la pompe et des boursouflures du film d’époque. Plus subtil et ludique qu’il n’y paraît, D’Artagnan ne se paie même pas le luxe du second degré pour justifier ses faiblesses, et semble les assumer avec une candeur finalement sympathique.