Suite de l’actu Lennon, toujours pas fameuse, après le doc anémique (Les USA contre John Lennon) sorti en salles la semaine dernière. Et passage, à 180°, de l’autre côté du gun, puisqu’il s’agit ici de dresser un portrait de Mark Chapman, dingo grassouillet et bigot qui envoya le peacenick ad patres un soir d’hiver new-yorkais, voilà près de trente ans. Résumons : fan absolu des Beatles et de Lennon en particulier, fan aussi de Salinger s’identifiant au Holden Caulfield de L’Attrape-cœur (roman générationnel sympa à 26 chapitres, d’où le titre), Mark David Chapman, vieux garçon légèrement névropathe, décide à l’entame des années 80 que l’embourgeoisement de son idole lui est insupportable, et choisit de sortir de son anonymat crasseux en jouant les bras vengeur. 8 décembre 1980 : Chapman attend Lennon au pied de son immeuble de la 72° rue, l’aborde une première fois et obtient une dédicace de Double fantasy. Puis met son projet à exécution quelques heures plus tard, signant de quatre balles dans le dos une page noire et déjà largement commentée de la mythologie pop.

Le parti-pris de J.P. Schaefer, dont c’est le premier film, est assez séduisant a priori: s’en tenir à ça, ne retenir (quasiment) que le guet du fan au pied de l’immeuble de l’idole, vinyle en main, et, partant, enregistrer sur un même plan les deux moments, la signature de l’autographe et l’assassinat. La mort des idoles, beau sujet dont l’annonce du film nous semblait (mais on est bien optimiste), formuler une petite promesse. Mais problème : 1h40, c’est long, et Schaefer n’est pas spécialement dégourdi. La promesse se replie donc sur une sorte d’étude de caractère lourdingue et passablement ennuyeuse, sentencieuse en plus (les parenthèses affreuses sur un champ de blé, en rappel du titre original du bouquin de Salinger). Au final : une espèce de Taxi driver neuneu qui n’a guère plus à défendre que la pénible performance a la Actors’ Studio de Jared Leto, cadré vingt fois torse poil dans sa chambre d’hôtel pour prendre acte des kilos de Big Mac engloutis pour la cause.

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