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Du 8 au 13 avril, le grand vaisseau du jeune cinéma mouillait l’ancre à Brive-la-Gaillarde, pour la 11eme édition des Rencontres européennes du moyen-métrage. Il y avait de la fiction, du docu, beaucoup de soleil et même quelques très beaux films. Chro fait le bilan.

L’avantage d’un festival de cinéma comme celui de Brive, c’est qu’au-delà de la vitrine toujours attendue et sans cesse renouvelée de la nouvelle garde, il suscite à sa dimension (humaine, presque démocratique) la coexistence de la ménagerie cinéma dans son ensemble. Producteurs, acteurs, réalisateurs, critiques, lycéens, spectateurs, tout le monde erre dans le même bateau, subit les mêmes clapotis de file d’attente, se rafraîchit aux mêmes abreuvoirs, puis s’endort, à peu de choses près, dans les mêmes cabines. Agités par les remous des projections, les points de vue de chacun s’accordent et se confondent ; les objets et les mots cohabitent ; les gentils (ceux qui aiment) et les méchants (ceux qui n’aiment pas) échangent quelques regards. Ce devrait être le combat et c’est pourtant la trêve, l’entente cordiale : paradoxalement, on n’est jamais plus laxiste avec ses pensées qu’à un festival de cinéma. Au fond, il n’y a rien de surprenant à ce que, avant les films, après les films, s’affairent beaucoup d’hommes et très peu d’esprits. Mais c’est toute la magie de la salle que de nous faire oublier ce grouillement besogneux une fois ses lumières éteintes.

Entre-deux

À Brive, on célèbre deux choses. La première, c’est le moyen-métrage, genre bâtard et flottant, entre le court (moins de 30 minutes) et le long (plus d’une heure). Un format idéal, d’après le sympathique clip promo de Vincent Dietschy, pour la « juste mesure » d’Aristote. En vérité, cette juste mesure étale un créneau qui permet autant à la curiosité d’être éveillée qu’aux attentes d’être déçues. Tout n’était pas bon à Brive, et à en écouter beaucoup, l’ensemble était objectivement inférieur aux années précédentes. Pas mal de redite thématique, beaucoup de rabougrissement numérique, et dans la moitié des cas, cinq minutes pour comprendre que le film sera nul, le suspense étant de savoir si le réalisateur profitera du temps qu’il lui reste pour relever la tête ou aggraver son cas. Les Jours davant de Karim Moussaoui et Shoot me de Narges Kalhor et Benedikt Schwarzer, l’un chronique de jeunes Algériens en quête d’émois amoureux mais engoncés dans les résistances culturelles de leur pays, l’autre enquête journalistique emmêlée dans le journal intime arty, ont été projetés en couple et n’ont pas forcément démérité (Mention France et Mention du Jury Jeunes pour le premier), mais leur limite est symptomatique et tient dans cette façon de s’en tenir à une petite radiographie des individualités tristes et égarées, où la subjectivité piétine à mesure que le sujet s’échappe. Journal intime d’une ado née fille mais qui souhaite devenir garçon, Boy est typique du récit d’initiation à la vie qui, barricadé derrière son sujet, s’épargne d’en accueillir les secousses : rien ne circule dans les plis de cette transformation réduite à un solipsisme intimiste accommodant, paresseux, presque pantouflard, achevé par un finish symbolique totalement désincarné (le personnage hurlant à la mort, à la façon d’un loup-garou).

C’est le piège et la limite du moyen métrage : sa durée et son économie laissent assez de temps aux films pour s’établir à l’intérieur d’une case mais, fatigués par tant de logistique et de mise en place, il ne leur reste plus la moindre force pour en sortir. Aussi, il y avait un peu de mérite, mais surtout beaucoup de malice, à placer son récit directement dans une inter-zone, un entre-deux de l’imaginaire où la pesanteur narrative n’avait pour fonction que de garder les pieds sur terre. Auréolé de sa grosse réputation berlinoise et épaulé par un titre tonitruant, Tant quil nous reste des fusils à pompe de Caroline Poggi et Jonathan Vinel n’a pas eu besoin de bomber le torse pour séduire d’emblée : des enfants perdus traînent leur guêtre dans un lotissement pavillonnaire désert, leurs spasmes suicidaires sont filmés en scope (donc avec un excès de désir, d’appétit, qui manquait cruellement à Brive). La rage brouillardeuse de l’adolescent se mêle à la douceur timide du petit garçon, une trivialité de l’abattement est secouée ça et là par de petits appels d’air lyrico-ampoulés. Une liturgie de l’adolescence tourmentée qui imprime la mémoire mais qu’on attend cependant de voir sortir de sa coquille, pelotonnée derrière une radicalité poseuse encore trop suspecte et indécise. Car dans ce purgatoire engourdi entre ciel et terre, masculin et féminin, France et Amérique, les rêves des adolescents ont des airs de publicité qui n’ont rien à vendre et tout à rejeter — mais ce sont des rêves malgré tout.

Moyen-Occident

La seconde cérémonie à l’oeuvre à Brive, c’est celle de l’Europe. Nul n’ignore que le « cinéma européen » ne signifie pas grand chose, et ce n’est pas pour rien, au demeurant, que le festival a choisi pour sous-titre : « Rencontres européennes du moyen-métrage ». S’il y a bien des motifs sociologiques et des teintes blafardes qui s’échangent, personne ne prétend à l’unité ou au syncrétisme : « rencontre », mais au pluriel donc. La chaleur latine croise ainsi la roideur rhénane sans lui prêter la moindre attention, la Bulgarie singe mollement son voisin roumain en pensant que ça lui fera gagner des prix (d’ailleurs ça marche, Pride remporte le Grand Prix Europe). À ce petit jeu, nos voisins de l’Est se seront fait remarquer par leur appétence jamais démentie pour le glauque, le gris, le coup de poing laconique et efficace. Pride donc, film bulgare de service, à qui on reprochera moins le poids XXL de son sujet (un patriarche décati tente de purger l’homosexualité de son petit-fils en le rinçant d’injures et de vodka) que cette manière de faire reposer entièrement celui-ci sur le visage buriné d’un vieux réac archétypal, dont les lèvres écumantes et les coups de colère sanguine peuvent dire tout et son contraire, et semblent uniquement attester qu’en effet, il y a quelque chose de pourri au royaume de Bulgarie.

Cela dit, la famille ne va pas très bien non plus dans le lumpenproletariat allemand. Avec Sunny et son bébé trimballé de stations-service en hangars désaffectés, on baigne dans du post-Dardenne bien gratiné. Au cinéma du tandem belge, la réalisatrice Barbara Ott n’en pique bien sûr que les ingrédients de base : marginaux à la masse, images tremblotantes, décorum de fond de chiottes. Si le film est si antipathique, c’est qu’on flaire vite qu’il ne surcharge sa barque que pour mieux s’exonérer de la moindre manoeuvre audacieuse (caméra à l’épaule comme non proposition de mise en scène, grosses ficelles scénaristiques qui dressent des pièges à ses personnages). Dans The Love equation of Henry Fast, la famille pèse lourd aussi, ce qui explique peut-être la Mention Europe, mais participe davantage au semi-échec du documentaire d’Agnieszka Elbanowska. On croit au début au petit feuilleton sur le papy génial découvrant la drague 2.0., mais on comprend très vite que le passé du personnage est un peu plus torve et que le film va devenir un peu plus relou. Car vient la fille, vient la leçon, vient l’histoire de famille, que le récit sort de son chapeau comme pour pointer du doigt les errements de son personnage. Derrière le gaillard libidineux, sous la prolifération de dessins cochons et les démarches médicales incongrues, il y avait donc forcément un père, qui délaissa ses enfants à cause de son don juanisme insatiable. Ce film là est peut-être vrai, beau, juste mais n’est pas très passionnant, et s’écrase contre ses bonnes intentions comme contre une vitre.

Classe moyenne

Entre le festival de Brive et le jeune cinéma français, c’est évidemment l’amour fou. Le second se sent chez le premier comme chez lui, ça se voit, et on n’en voudra ni à l’un ni à l’autre. En 2013, c’était : Artémis Coeur dartichaut d’Hubert Viel, Je sens le beat qui monte en moi de Yann Le Quellec, Pour la France de Shanti Masud, Orleans de Virgil Vernier. Cette année, ils étaient tous là où presque, mais éparpillés un peu partout dans les arcanes du festival (Viel avec un beau projet qui avait besoin d’argent, Le Quellec en séance spéciale, Masud en sélection). De retour en terre corrézienne après le succès de La Main sur la gueule (Grand Prix France en 2007), Arthur Harari présentait son Peine perdue, fort d’un Grand Prix de Belfort qu’on disait ça et là complètement mérité. Le film, qui épouse la circulation des désirs dans un camping de province, est pour le coup complètement français. On pense à Rohmer au début, à Eustache tout le temps, mais c’est bien Renoir qui est le véritable horizon de cette robinsonade estivale : une barque des sentiments progresse au fil de l’eau, et la partie de camping se boucle comme Une partie de campagne. Un ange gardien de la drague y était au préalable venu donner des leçons d’amour à un jeune timide, avant de s’ériger lui-même en objet du désir. L’émoi change de masque, germe quelque part pour éclore ailleurs, on connaît ça sur le bout des doigts. Mais tout ici est assez coulant, limpide, délicat et mis en scène pour qu’on accepte la balade (Prix Format Court).

On le sait, en festival, le cinéma français tient à ses petits signes de reconnaissances, à son petit confort, à ses petites recettes. Diffusés côte à côte, Papa oom mow mow et Océan se ressemblent ainsi comme deux frangins. Le cadet, au titre doo-wop, est réalisé par Sébastien de Fonséca, et colle aux basques d’un petit punk bon teint sans prétention existentielle ni subversive. Malgré des batteries à plat et une signalétique eighties dénuée de la moindre fonction, le film suscite un peu de sympathie par son allure décontractée, avant de prendre vaguement au sérieux son sujet (le conflit de génération faiblard et surdialogué) et de se dévitaliser très tranquillement. Océan partage la même gonflette vintage falote mais s’avère plus retors : nul sans être nul, insignifiant tout en étant subtilement signifiant. Un petit garçon part en vacances avec ses parents et découvre les tourments de la vie : l’ombre de la mort, la menace du divorce, etc. Problèmes d’adultes vus par des petits yeux d’enfant. Le réalisateur, Emmanuel Laborie, est plutôt compétent et habile, notamment dans sa façon de faire surgir toutes ces angoisses comme de simples coups de vent. Mais condamné à faire sens, il prend le risque de monter d’un cran et afflige son personnage d’un gros coup de soleil : sa peau mue, on comprend qu’il vient de passer une étape, « quelque chose comme la fin de l’enfance » nous dit le synopsis. Sauf que constamment, à vouloir l’atteindre trop simplement, le film rate son sujet comme on rate une marche, et c’est d’autant plus fastidieux qu’il se fait à peine mal, sécurisé par un dialogue et une esthétique bien proprettes.

Au cauchemar du réel

S’il n’en a pas fini avec la jeunesse et le récit d’apprentissage, le cinéma français n’en a pas terminé non plus avec le naturalisme, c’est-à-dire avec les vrais gens, les vraies situations, les « comme si on y était » — ce réel à qui on demande de faire beaucoup, sur lequel on a pris l’habitude de faire avancer mollement ses pions, et auxquelles en miroir on ne tend plus que des images plates, qui collent aux chaussures de chaque plan comme un vieux chewing-gum. Extrasystole, dans le genre, est un bon client mais une mauvaise victime : parce qu’il est à la fois trop riquiqui pour être moqué, et trop énorme pour être vrai. Une khâgneuse se fait mener par le bout du nez par une trouble et sensuelle professeur de littérature. Le pitch de ce travail de fin d’étude Fémis est à ce point impayable qu’on pense au début à un gag ; mais non, le film tient à être sérieux jusqu’au bout, inventorie la vie de son étudiante comme si le scénario avait été rédigé à partir de son agenda (encre turquoise). Au lieu de rire avec nous, le film se recroqueville dans sa délicatesse, comme une tortue dans sa carapace. Dommage : à peine le temps de se brûler les doigts qu’il fuit déjà l’incendie.

Il y avait aussi une contagion de contre-jours et de flares à Brive, qui donnait le sentiment que trop de moyens-métrages se laissaient éblouir par le réel, en nous condamnant à la même stupéfaction béate. Sauf que le réel est le même pour tous et n’appartient à personne. Il est dès lors souvent gonflant de se le voir servir tel quel. C’est-à-dire, en apparence, comme quelque chose d’unique et de sacré, mais en vérité comme un soda interchangeable, avec toujours des bruits d’automobiles au moment de dégoupiller la canette, avec toujours des glaçons pour maintenir la boisson à température, une paille pour mieux la déguster, et une tranche de citron pour bien nous faire oublier que, malgré tout, c’est quand même que du chimique tout ça. On en reste d’ailleurs régulièrement à une maïeutique du bonheur plongée dans le bain de la sinistrose, à une reconstitution un peu vaine de la misère tranquille, des blessures familiales, des apories de la vie, de la vaillance « envers-et-contre-tous », où la rue devient cet écrin insupportable dans lequel une caméra à l’épaule cisèle quelques vies boiteuses. A ce compte-là, la palme revient au moyen-métrage de Khalil Cherti, Doù que viennent la douleur, qui demeure jusqu’au bout installé sur les épaules de ses deux comédiennes, forcément généreuses dans l’effort, mais pas tout le temps très justes.

Des rêves qui s’échappent

Le moyen-métrage étant le format idéal pour se perdre autant que pour hésiter, on ne sait pas trop quoi penser de Majhong, le Drive portugais du tandem Rodrigues-da Mata. Jouant la carte de l’atmosphère nocturne, du mystère urbain, de la progression méandreuse, le film s’avance constamment en suspens — à ce point du reste qu’on en perd assez vite le fil. L’exercice de style, filmé dans le Chinatown local, est parfois assez inspiré, avec ses automates sur rail et sa promesse de polar jamais exaucée. Mais le cadavre exquis dont il fait sa trame souligne trop son mystère pour être vraiment mystérieux. On sent monter la sauce mais on ne peut que constater, un peu déçu, que la mayonnaise n’a jamais vraiment pris. Il faut dire que la prolixité de projections due au format (30 films rien que pour la sélection officielle, en trois jours…), mais surtout la succession, l’accumulation, la fatigue, font qu’on peut décrocher très vite, au risque de condamner d’un seul bloc. Et en même temps, il suffit qu’un film prenne la tangente, qu’il nous glisse entre les doigts pour directement s’envoler dans les airs, pour que tout d’un coup l’on s’y attache comme un petit garçon s’émerveillerait d’une bulle de savon. Ces films là, on les aime tout de suite, très fort et sans condition. Car on a à peine le temps d’y réfléchir qu’ils disparaissent, remplacés par des petits bidules en plastique mou, des balles qui s’écrasent sous la plus légère pression, perdent leur peinture quand on les gratte — ces balles qu’on retrouve par milliers dans ces piscines où le jeu se fait dans une cage (le réel) et sous la surveillance des parents (le scénario).

Métamorphoses est reparti bredouille de Brive mais reste à nos yeux la plus belle comète de ce festival, et une surprise d’autant plus surprenante qu’elle jaillit d’une réalisatrice, Shanti Masud, dont on avait pas franchement apprécié le précédent film, Pour la France, où de belles personnes déblatéraient leur poésie cendreuse sous le clair de lune parisien sans qu’on n’y trouve un seul instant le moindre intérêt. La réalisatrice n’en a pas fini avec les oiseaux de nuit et les orphelins mélancoliques, mais elle revient ici à ses premiers amours (le plan fixe) en arrimant sur les ailes de la musique d’Ulysse Klotz une sidérante série de portraits en combustion, nimbés de particules et d’orgasmes. Par le biais d’un dispositif chamanique aussi simple que performant, le film nourrit un très beau dialogue entre des corps abandonnés et des cosmos errants, creusant un périmètre lyrique entre kitsch et modernité, Méliès et Avatar. Huit acteurs se laissent tour à tour envahir par des forces fantasmagoriques mystérieuses : maquillage et morphing fusionnent à même les visages pour donner naissance à de merveilleuses chimères. Des mises en orbite successives qui donnent au projet des airs de constellation bizarre et inaccessible, et à laquelle on n’a pas grand chose à reprocher si ce n’est qu’en son centre il manque peut-être un film — pour la jouissance duquel, soit dit en passant, on eût été prêt à donner un rein.

Flammèche et pétard mouillé

Il est des nôtres adoptait lui aussi la stratégie du feu d’artifices, mais sur un versant plus goguenard, en multipliant l’allumage de mèches comico-absurdes. Malheureusement, malgré son Grand Prix Ciné + et son Prix du Jury Jeunes, il nous fit un peu l’effet d’un pétard mouillé. Enfermés dans une caravane, quelques dingos éclusent des Kro et racontent au fil des saynètes leurs angoisses avec facétie et gravité. On n’a rien contre, quoique ce soit parfois lourdingue, quoique que ça vire gravement au cannibalisme de l’entre-soi, quoiqu’on supporte de moins en moins ces acteurs clopes au bec qui surjouent et ne peuvent s’empêcher de rigoler de leurs propres blagues, instaurant une relation hypocrite avec la fiction, invitant le spectateur à rire avec lui pour mieux le laisser sur la touche. On n’a rien contre mais on n’a surtout rien pour, déjà las de ce cinéma faussement négligé et faussement relax, toujours traversé par un vertige existentialiste mou, une atmosphère dépressive narquoise, où le grotesque ne sert paradoxalement qu’à empêcher les films de vraiment basculer dans l’absurde.

D’autant que dans la catégorie maboule, le fable bovine de Jean-Christophe Meurisse faisait pâle figure comparée à la nouvelle flammèche du stakhanoviste Gabriel Abrantes, Ennui ennui, repartie avec un Grand Prix France aussi mérité qu’incongru, consacrant une gaudriole sortie de nulle part, réalisée par un Américano-portugais et située en Afghanistan. Abrantes, c’est Ubu et McTiernan, la parodie à fleur de peau, l’émotion à la surface de l’absurde, le spectacle hollywoodien recrée dans les détonations d’un laboratoire frappadingue. Best of d’une filmographie déjà prolifique (près de onze courts à trente ans), à la fois foutraque et complètement abouti, Ennui ennui multiplie les coups d’éclats (une simulation de viol entre un Taliban de pacotille et Laetitia Dosch ; le monologue d’un drone agonisant), amplifie par le rire les grands maux du siècle et s’avère, au regard du reste de la sélection, totalement hors-catégorie et au-dessus du lot, royal et sans rival. On n’en dit pas plus puisqu’on s’y attardera davantage dans le prochain Chro, à l’occasion de la sortie en salle, le 11 juin, de trois de courts de l’intéressé (dont celui-ci), sous le beau titre Pan pleure pas.

À Brive, malgré le beau temps et les journées à rallonge, on était surtout là pour tomber amoureux des fantômes. Sauf que dans le noir de la salle, trop de films se sont sentis obligés de rallumer la lumière. Comme si en 2014, il fallait encore nous rappeler que l’écran était une fenêtre et la caméra une loupe. Ces films là sont venus se coller au réel comme on colle son front contre la vitre d’un aquarium, en regardant des poissons simuler la vie aquatique et en oubliant, surtout, de rêver d’autre chose. De quoi ? De drones sentimentaux, de supernovas chamaniques, de fusils à pompe.