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Depuis quelques années, mettons une grosse décennie, le fait de réaliser un film est devenu pour les stars « comiques » de la télé une obligation de carrière presque incontournable. Si les résultats à l’écran n’ont jamais été convaincants d’un strict point de vue artistique, il n’en demeure pas moins que la plus-value qu’apporte un tel projet à son auteur n’est pas négligeable. La facilité, d’ailleurs, avec laquelle se monte ce genre de productions se résume tout simplement pour les gens du milieu en une seule phrase : en être ou pas.

En attendant donc le jour probable où le 7e art devra s’enrichir des œuvres de Laurent Ruquier, de Pierre Palmade ou des Robins des Bois, voici à l’affiche cette semaine, le premier long métrage de l’ »inconnu » Pascal Légitimus. A l’instar des films communautaires initiés par Thomas Gilou (Black mic mac, Raï, La Vérité si je mens, Chili con carne) et repris avec le succès que l’on sait par d’autres (Pédale douce, Jet Set), Antilles sur Seine est tout benoîtement une comédie dont le titre ne saurait être plus explicite. Tout commence en Guadeloupe, où Horace, politicien local, fête son anniversaire la veille du départ de sa femme pour un congrès à Paris. Celle-ci, une fois arrivée à la capitale, se voit kidnapper à la suite d’un obscur chantage politico-économique. Au vu de l’incompétence de la police, Horace et ses deux fils décident de débarquer en France pour tenter d’élucider l’affaire. Sur cet argument peu original, la comédie se met alors en branle et nous livre un aperçu le plus souvent grotesque d’un univers pour le moins haut en couleurs. Ainsi, les trois hommes vont-ils être aidés dans leur démarche par l’ensemble des Antillais employés dans la fonction publique. Ils y sont très nombreux car plus facilement acceptés que dans d’autres secteurs, nous dit-on. Cette manière d’enfiler les clichés semble ainsi plutôt maligne, mais elle manque cruellement de distance ironique, ce qui nous vaut très souvent des scènes assez ahurissantes de caricature facile.

Il en résulte hélas un film pas drôle qui ne fera rire personne sauf les amateurs de kitscheries. Car ces derniers seront sensibles à l’aspect esthétique du film qui par son utilisation des filtres, une postsynchronisation très « visible », un zeste de comédie musicale et un final très musclé, le rapproche de nombre de sous-produits venus, par exemple, d’Inde ou de Hong Kong. Antilles sur Seine s’inscrit ainsi dans un hors-monde du cinéma qui défie toute velléité de critique.