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Avant même les premières minutes de film, il y a de quoi être sceptique : Alive est le premier long d’un réalisateur qui s’est illustré dans les sitcoms pour Canal, nombre de comédiens en sont à leur première (et certainement dernière) apparition au cinéma, mais ont déjà fait entendre leur « voix » dans des productions musicales à succès ; quant au compositeur, Maxim -accessoirement acteur principal du film-, il étale en ce moment même sa vie privée, avec sa la staracadémicienne Jenifer, en couverture des mags people. Comme prévu, le scepticisme laisse vite place à la consternation : si Alive semble vaguement inspiré de Fame ou de Dirty dancing pour la partie « comment monter un show sans moyens ni talent, mais dans la bonne humeur et l’obstination », il a surtout de quoi rappeler la machinerie télé-réalité de TF1. Impossible pour autant de reprocher la moindre hypocrisie à l’ensemble : l’objectif, on ne peut plus clair, est de vendre : le film et ses « vedettes » d’abord (que l’on verra apparaître quelques mois dans toutes les émissions de variétés, avant de les oublier) ; ses produits dérivés ensuite (DVD, CD, T-shirts, spectacle musical live, etc.).

Alive n’est pas un banal nanar qu’on regarde avec indulgence. C’est une insulte au cinéma en général et aux spectateurs en particulier, condamnés au lavage de cerveau par cette minable sitcom : comédiens au plus mauvais de leur forme (qui l’aurait cru de Valeria Golino, magnifique interprète de Respiro ?), mise en scène plate ou lorgnant vers le clip, scénario inexistant, dialogues ineptes… Le duo de comédiens, sur la relation duquel est basé tout le film, est le plus pitoyable : d’un côté, Maxim Nucci, compositeur-chanteur-comédien, qui aurait gagné à se concentrer sur une seule de ces activités, massacre sans pitié nos pauvres oreilles en beuglant des chansons insupportables ; de l’autre, Richard Anconina, en improbable chorégraphe, impose son stakhanovisme à des élèves récalcitrants puis conquis. Faut-il déplorer la séduction opérée par la pub et la télévision sur le cinéma, portée à son paroxysme dans Alive ? Frédéric Berthe, lui, peut-être sûr d’une chose : il aura donné le jour au film le plus crétin de l’année. Pas de quoi être fier.