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sur 5

Quel réalisateur pourra enfin adapter convenablement un roman d’Irvine Welch ? Tout comme l’avait fait Danny Boyle avec Trainspotting, Paul Mc Guigan racole le spectateur par le biais d’une pseudo-analyse de mœurs qui ne mène nulle part… Au final, les deux courts métrages qui constituent Acid house sont totalement gratuits et surtout fatigants. Point commun entre les deux films (The Granton star cause et The Acid house, tirés d’un recueil de nouvelles de Welch) : l’agaçante manie qu’a le réalisateur de se focaliser sur l’esthétique au détriment de la mise en scène, d’écraser la narration au profit d’anecdotes insignifiantes…

Le premier acte raconte l’histoire du jeune Boab, footballeur raté du Grand Star Club. Après s’être fait virer de son club, jeter à la porte du foyer familial, larguer par sa petite amie, tabasser par deux flics et licencier de son travail (tout ça en une journée), celui-ci décide d’aller se prendre une cuite monumentale (et bien méritée) au pub du coin. Entre deux pintes à vider, il rencontre Dieu (quelle journée !). S’ensuit une conversation surréaliste, à l’issue de laquelle le Saint Père décidera de transformer Boab en un insecte vengeur. Sous la forme d’une mouche, ce dernier pénètre l’intimité de ses proches, afin de les observer pendant qu’ils font l’amour… avant de les tuer avec de la mort aux rats (ou de la crotte de chien, selon les cas). Délirant mais peu passionnant, ce premier court métrage tire en longueur, pour laborieusement atteindre son unique but : une série de scènes cochonnes, cradingues et sans intérêt… Avec le second film, Paul Mc Guigan déploie l’artillerie lourde en matière d’artifices. The Acid House met en scène le mauvais trip de Coco Brice, un adepte des free parties habillé de la tête aux pieds par la marque Fila. Ayant légèrement forcé la dose sur le LSD, cet homme sandwich à moitié cinglé subit une expérience extra-corporelle qui le propulse droit dans le corps d’un nouveau-né… Le résultat aurait pu être heureux, si Paul Mc Guigan ne s’était pas amusé à abreuver son film d’effets stroboscopiques censés retranscrire à l’image les effets hallucinatoires de l’acide, au point d’en faire une publicité technoïde de 40 minutes.

Long métrage sans relief, Acid house succède piètrement aux films ayant déjà exploité le filon Trainspotting. Après Twin town, A Life less ordinary ou encore Human traffic, les adeptes seront sûrement comblés, du moins jusqu’à ce que la tendance passe à un autre genre…