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2
sur 5

Max, Raoul et Vincent viennent retrouver leurs femmes et enfants à La Baule, pour le week-end du 15 août. En arrivant de nuit dans la maison de location, sous des trombes de pluie, ils s’aperçoivent que les femmes ont vidé les lieux, confiant les enfants à une voisine. Un mot bref et explicite quant à leur ras-le-bol de jouer les nourrices pendant l’été explique qu’elles sont parties prendre de véritables « vacances ».

Dès le début de 15 août, on craint le pire : un remake de Trois hommes et un couffin ou une farce ensoleillée qui exploite le sujet éculé de la guerre des sexes. D’autant que Besson (producteur du film), en matière de comédie, ne passe pas pour un grand sponsor de la subtilité. Ces craintes se justifient, même si le manque criant d’originalité inscrit dans le sujet aurait pu donner lieu à une comédie plus déplaisante. La meilleure part du film louche du côté de la comédie de caractère dans le sillage des Bacri-Jaoui -la scénariste et le réalisateur sont eux aussi mariés à la ville- et exploite les différences des trois personnages masculins. Max (Richard Berry) est un quadra sexy mais un peu coincé, venu annoncer à sa femme sa volonté de rompre pour vivre librement avec sa maîtresse. Vincent (Charles Berling) est un père irresponsable et un boute-en-train tout aussi tête à claques que son gamin obèse. Quant à Raoul (Jean-Pierre Daroussin, qui devance de très loin ses partenaires), pas marié et sans enfants, il entre dans un délire de jalousie obsessionnelle en imaginant sa copine partie avec un autre.

Hélas, la saveur de quelques observations sur la vie de couple et la paternité est vite noyée dans une sauce plutôt épaisse : les femmes sont parties suivre un gourou de la féminité libérée, une conférencière jouée par Ludmila Mikaël dont le discours caricatural est une grossière incitation à la misogynie. Desservi par une réalisation au dynamisme artificiel (l’école Besson, semble-t-il), le film s’engouffre dans un sexisme beauf et de bas étage, opposant l’harmonie virile qui finit par s’installer aux complications « inutiles » de la psychologie féminine. Dommage, car 15 août, dans sa deuxième heure, effleurait plutôt bien l’utopie d’une vie sans le sexe opposé et semblait approcher le point sensible. Mais ce final stupide dissuade de toute indulgence.