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sur 5

En réalisant cet album, Yann Dégruel veut « suffisamment attiser la curiosité des lecteurs pour comprendre, s’intéresser, se demander pourquoi le monde de Genz, Gys et Khan est ainsi fait ». Le pays du vent existe en chacun de nous. Peu importe qu’il soit situé en Mongolie, dans le désert de Gobi ou en Amazonie, le cheval sauvage fend l’horizon de tous les cœurs. Dessinateur, scénariste, coloriste, Yann Dégruel brille dans les trois domaines. Les formes ne sont pas seulement mignonnettes, elles sont généreuses, poétiques, pleines d’âme. L’histoire est réduite à sa plus simple expression. Au pays du vent, trois petites miettes se prennent à rêver. Genz, Gys et Khan voudraient voler ; dominer par les airs cette grande steppe qui s’étend à perte de vue. Pour ça, ils ont besoin d’apprivoiser le cheval sauvage. Tels des petits Princes, ils se heurtent à toutes les difficultés d’une telle entreprise. Au pays du vent qui balaie tout sur son passage, les petites miettes doivent s’accrocher au poil du chameau qui pète et suivre à la lettre les précieux conseils de leur grand-mère Mammouth. Des mésaventures viennent déjouer leur plan, et il faut bien trois caractères bien trempés pour déjouer les ombres menaçantes qui se dressent dans la nuit.

Que se passe-t-il lorsque la BD de qualité a décidé de s’adresser aux enfants ? Des séries dignes de ce nom font leur entrée dans le vaste monde de l’illustration. Yann Dégruel est un artiste de grand talent, son sens de la couleur est extrêmement rare. Des paysages flamboyants, une palette de blancs et de camaïeux qui illuminent des bleu nuit de toute beauté. Muni des sept couleurs de l’arc en ciel, ce jeune dessinateur décline les teintes sur une toile brute partiellement recouverte. Il aime jouer avec la matière et fait ressortir ses personnages avec légèreté. Féerie, aventure, clins d’œil à toutes sortes de contes et de légendes enfouis dans notre mémoire, Genz, Gys, Khan nous fait décoller au-delà de nos espérances.