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3
sur 5

Avec Cet enfant de salaud, Frank Miller signe le quatrième opus de sa sublimissime série Sin City. Occasion idéale pour replonger dans les bas-fonds de la ville la plus corrompue de la bande dessinée… après Gotham City, bien entendu.

Frank Miller pratique ici une mise en planche d’un univers digne de ceux des grands maîtres du roman noir. Ses personnages ont la carrure d’un Sam Spade ou d’un Marlowe. Ils percutent de plein fouet un monde où leur destin leur échappe et où seul les méchants tirent les ficelles. C’est redoutablement efficace, à l’image de la technique graphique. Le noir et le blanc, utilisés à égale proportion, construisent une constante ambivalence entre l’obscurité et la lumière. Le Bien et le Mal s’affrontent à l’intérieur même du dessin. Le graphiste réaffirme ainsi sa pleine puissance de démiurge. En bref, quand, avec Frank Miller, le comics rencontre le polar, on s’empresse d’en redemander.

Nicolas Vey