4
sur 5

Liannaj signifie lianes entremêlées, autrement dit la forme la plus intéressante du métissage. Celle qui réunit sans trop réduire les différences… dans le mauvais sens du terme. Cet album est le fruit d’un long dialogue entamé en 97 entre les enfants terribles du fest-noz breton et les rebelles guadeloupéens du traditionnel gwoka. D’un côté, le ton foncièrement mélodique apporté par la flûte, la bombarde et l’accordéon. De l’autre, la réponse rythmique servie par les tambours et les voix, que l’on dirait descendant directement des légendaires nèg’marrons en feu. Entre les deux univers, quelques concessions à l’électrique ainsi qu’une présence déjà remarquée aux côtés des Carré Manchot ces dernières années : le chanteur breton Alain Marie, considéré comme l’un des plus talentueux de sa génération. Liannaj est l’album de deux musiques identitaires qui s’opposent nécessairement à cet universalisme franco-français qui aime bien tout écraser sur son passage à coups de penchants assimilationnistes. Deux musiques qui se retrouvent malgré les distances… qui se frôlent, se confrontent, se mesurent et s’en extasient à tel point qu’elles finissent par en enfanter une troisième.

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