4
sur 5

La cité phocéenne est passée maître dans l’art de sublimer les musiques de la Méditerranée et du monde entier. Marseille accueille à bras ouverts les cultures d’ailleurs, les invite ensuite, non pas à s’assimiler, mais à la nourrir de saveurs étranges. Tolérance et respect de l’autre sont de rigueur. Et, à la longue, l’étranger finit par s’identifier à la ville, oubliant souvent de faire le chemin qui l’a mené des mers lointaines (d’Europe, d’Afrique, d’Asie…) jusqu’au Vieux Port en sens inverse. De simples histoires de migrations certes, mais des histoires qui apprennent à être plus humains. C’est cette perspective qui enflamme le Barrio Chino sur ce dernier album. Ils se sont réappropriés l’aventure d’une partie de ceux qui ont construit Marseille, en se promenant en long et en large, sur les trois rives de la grande Méditerranée.

Musiques au pluriel, servies par une subtile alchimie sonore, qui prend la joie de vivre comme point d’ancrage. Barrio Chino est le nom d’un quartier chinois de Barcelone, quartier chaud d’où est partie l’aventure de la rumba catalane -mélange de sonorités cubaines et de flamenco. Un nom qui dépayse… Gil et Sylvie Aniorte-Paz (chant, guitare, mandole, bouzouki, oud), fils et fille de pieds-noirs espagnols, doux rêveurs d’une patrie sans rejets, en sont les auteurs. A leurs côtés, Alejandro Del Valle au piano (Cubain), Antonio Negro également à la guitare (un gitan d’Algérie), Saïd Chaïbi et Riad Bensalem aux bongos, congas, udu et autres percus (Algérie et Tunisie), Pierre Grivollat à la flûte (Martigues), Jérôme Viollet à la batterie, timbales, drums et cajon (Montpellier). Tous ont vécu la magie des rencontres, dans cette ville du sud de la France. Tous ont appris à dompter leurs désirs pour mieux les intégrer à la dynamique occitane, qui prêche l’ouverture. Musique qui danse et qui invite à la réflexion, Mediterra Nostra est un trafic de sons qui reste digne et surprenant à la fois.

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