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2
sur 5

« Vous êtes bien chez Nag, j’suis pas là, Sayonara », voici un message répondeur téléphonique qui ne manque pas de rythme, surtout si vous l’enregistrez avec une voix légèrement tranchante mais un poil désabusée, comme celle d’Ariane Ascaride dans Nag la bombe. Pourtant, s’il revient à plusieurs reprises au cours du film, il ne suffit pas à lui apporter l’énergie qui lui fait défaut, loin de là !

Premier long métrage du scénariste qui accompagne Robert Guédiguian depuis 1992 avec L’Argent fait le bonheur, Nag la bombe retrace les mésaventures affectives d’une prostituée incarnée par une surprenante Ariane Ascaride. Celle-ci a troqué ses habits de provinciale militante pour ceux d’une femme au sex-appeal mâtiné d’exotisme (elle fait le trottoir en kimono) qui n’atteint pourtant jamais le ridicule. Son interprétation est sans conteste l’attrait principal du film dont l’enjeu -une prostituée est-elle capable d’aimer ?- est décliné au cours d’une série de confrontations amicales ou amoureuses (sa mère, son amant, son mac, un inconnu, un vieillard, une copine prostituée…) sans aucune surprise.

La mise en scène de Milési est à l’image de son scénario, un peu lourde, et ce n’est pas le traitement pseudo-kitsch des personnages féminins qui y change quelque chose. On retrouve en effet dans le film toute une galerie de types comme copiés-collés depuis les univers d’autres cinéastes : une actrice d’Almodovar (Rossy de Palma), un sosie de Rosanna Arquette dans Crash (Julie Gayet dont les jambes sont équipées de prothèse) ou une vieille prostituée décrépie à la John Waters (Jacqueline Danno en jaune de la tête aux mules), et enfin une geisha (Ariane Ascaride)… Ca pourrait être attirant mais cette sauce composée d’éléments disparates ne prend pas… Nag la bombe ne manque pas de chair… mais son « corps » est cruellement creux.