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Si vous vous baladez dans le 16e arrondissement parisien, allez donc faire un tour au Musée de la Contrefaçon. Ses deux petites salles ne valent certes pas qu’on ne se déplace que pour elles, mais elles ont le mérite d’être claires dans leur propos. Des vitrines abritent des objets qui, pour les pauvres néophytes que nous sommes, semblent très souvent identiques ; et pourtant, l’un de ces objets a droit à une étiquette verte (c’est l’original) et l’autre à une étiquette rouge (c’est la contrefaçon). Bien évidemment, le musée ne se résume pas qu’à une succession de coupons de carte orange, de billets de banque, de bouteilles d’alcool ou d’accessoires de sport, que le visiteur s’amuserait à différencier ; il a une vraie démarche didactique. On y apprend qu’il y a des contrefaçons artistiques, des contrefaçons de dessins et modèles, de marques ; et que les conséquences peuvent être importantes pour les entreprises, pour les consommateurs… et pour les faussaires, lorsqu’ils se retrouvent devant un juge !
On regrette, il est vrai, le manque de goût avec lequel tout cela est mis en place : les objets qui sont dans les vitrines semblent y avoir été oubliés ; les paquets de biscuits (Eh oui, la contrefaçon touche tous les domaines) sont abîmés ; les bouteilles de jus de citron concentré doivent être périmées depuis belle lurette, si l’on en juge par l’état de leur contenu ; les feuilles des textes explicatifs sont jaunies… Tout cela n’est certes qu’un détail, mais on a tellement pris l’habitude des musées attractifs !
On regrette aussi que la première vitrine, dans laquelle sont exposées des contrefaçons de bouchons d’amphores romaines, n’ait pas une suite qui constituerait un historique de cette « pratique ».
Malgré ces réserves, la visite reste instructive. Outre le fait que l’on en ressort en ayant appris que le jean d’une marque ô combien célèbre, acheté moitié prix au supermarché, est un faux, on comprend surtout l’intérêt de la démarche de l’Union des Fabricants (qui gère le musée) lorsque l’on réalise que la contrefaçon met en jeu la sécurité de l’utilisateur. Le Musée de la Contrefaçon a donc moins une vocation artistique qu’une mission d’information du consommateur sur les pièges qui lui sont sans cesse tendus.