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Cette année marque pour la Maison Jean Vilar deux évènements importants, l’un plutôt joyeux : ses vingt ans d’existence ; l’autre assez triste, surtout en cette période anniversaire : la mort (en décembre 1998) de son fondateur, Paul Puaux. La Maison Jean Vilar, précieux centre de documentation sur le spectacle vivant, nous a concocté en cette période de festival une exposition dans la cour et le hall intitulée La Maison Jean Vilar a vingt ans (1979-1999) qui vient compléter une autre exposition : Familles de scènes en liberté (Théâtre citoyen 2e époque), prolongée pour le Festival 99. Parallèlement à ces deux expositions et aux projections très diverses sur l’histoire et les personnalités du théâtre, de nombreux hommages étaient rendus à Paul Puaux dans la petite salle de spectacle du rez-de-chaussée.

Paul Puaux, qui rencontre Jean Vilar en 1947, devient rapidement l’un de ses collaborateurs précieux. A la mort de Jean Vilar, en 1971, il prend la direction du Festival, jusqu’en 1979. C’est à ce moment-là qu’il fonde la Maison du même nom, dont il prendra la direction.
Sans citer tous les participants (une vingtaine), disons que, pratiquant des activités diverses (comédiens, metteurs en scène, critiques dramatiques, hommes politiques), tous les participants aux hommages sont liés par une fidélité au Festival d’Avignon et donc aussi à Paul Puaux. C’est le cas par exemple pour des comédiens comme Philippe Avron, Claude Evrard, Jean-Pierre Jorris, Catherine Sellers ou Rufus.
Le choix de rendre un hommage multiple et surtout vivant à Paul Puaux est une idée dont on ne se réjouira jamais assez. Philippe Avron a, quant à lui, eu droit à deux séances d’hommage : une première, en compagnie de Claude Evrard son complice de toujours, pour Paul Puaux; et une seconde pour Jacques Lecoq, dont il avait été l’élève et qui lui aussi a disparu récemment.

Rufus, quant à lui, pour rendre hommage à Paul Puaux, a tout d’abord lu un passage de L’Innommable de Beckett -on sait combien Beckett est emblématique de son passage dans la cour d’honneur : il a joué en 1978 dans le très ovationné En attendant Godot, mis en scène par Otomar Krejka, avec Georges Wilson et Michel Bouquet. Puis il a l’un de ses textes, écrit pour la circonstance, qui ne ressemblait absolument pas à l’idée préconçue que l’on peut avoir de l’hommage à la française. C’était un texte poétique, divaguant, mystérieux, assez absurde. Une belle manière de rendre hommage à une personne que l’on a aimée.