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Il faut l’avouer, il vaut mieux profiter d’une visite de l’ensemble de l’Union centrale des arts décoratifs – comprenant le musée des Arts décoratifs, dont on ne peut voir actuellement qu’une partie, et le musée de la Mode et du Textile – pour aller voir le tout dernier né : Le Musée de la Publicité. On le comprend bien, l’idée architecturale qui a guidé Jean Nouvel est de donner une impression un peu brute de l’espace, afin de rappeler la rue. Seulement, l’ensemble se retrouve entre le trop et le trop peu : les salles semblent trop vétustes pour un musée tout récemment ouvert, mais pas assez pour que cela paraisse venir, sans aucun doute possible, d’une volonté revendiquée. Posés devant les murs, les panneaux de couleur bleue (se rapprochant du primaire -on connaît couleurs plus subtiles) sur lesquels les affiches se présentent de biais pour donner peut-être une impression de vie, de dynamisme, ajoutent à la perplexité du spectateur. Pour aller vite, disons qu’on se croirait dans une exposition mise sur pied par une association à qui la Mairie aurait prêté une de ses salles inemployées.
Bien sûr, le café, lui, a beaucoup de classe et la médiathèque devrait devenir, pour beaucoup de passionnés de pub, un outil indispensable. Des bases de données informatisées permettent de retrouver des publicités (affiches et films) à partir d’un slogan, d’une marque, d’un thème, etc. Dans la salle mitoyenne, une télévision diffuse en permanence Culture pub, l’émission de M6. L’Union centrale des arts décoratifs fonctionne en grande partie grâce aux aides de sociétés privées.

Le fonds du musée se consulte sur écran, à la médiathèque, et les salles d’exposition accueillent, quant à elles, des manifestations temporaires qui changeront tous les trois ou quatre mois. Celle qui inaugure la série est consacrée à Gruau. On connaît par cœur ses dessins pour Christian Dior, ses femmes et ses hommes d’une élégance folle, et la petite étoile au-dessus de sa signature. On retrouve ou découvre ici les influences de Gruau (Toulouse-Lautrec, Chéret, l’art japonais), ses effets graphiques, ses dessins pour le music-hall, ceux pour les magazines ou pour les couturiers, etc. Des télévisions diffusent des extraits d’entretiens. Mais fallait-il les placer si haut ?